Le karaté des appellations successives à travers les âges

Le karaté : des appellations successives à travers les âges:

Avant de s’imposer sous le terme général de  » karaté » , cette technique de combat originaire des îles Ryû-kyû, a porté successivement et parfois parallèlement, différentes appellations à travers les époques de son histoire.

Période I du 15e au 18e siècle :
Note : Avant cette période, les sources écrites sont quasi inexistantes.
La première appellation de ce que nous connaissons et définissons par  » karaté  » se nommait tout simplement «  » →  » La main » En caractère japonais dit « kanji » s’écrit → 手 et se prononce →  et en okinawaïen , s’écrit ( alphabet syllabaire japonais ) → ティー et se prononce → Ti.

La main手et non pas le poing 拳 :
Cette technique de combat « Té » aurait aussi bien pu s’appeler « Ken  » 拳 (le poing) comme c’est d’ailleurs le cas pour de nombreuses techniques similaires chinoises, mais cela ne fut pas le cas et  » Té  » S’imposa. Quoi que l’on retrouve parfois mais il est vrai, assez rarement un pléonasme en dialecte local qui est le suivant  :  « Okinawa tekubushi 沖縄テクブシ  » et qui signifie littéralement  : « le poing de la main d’Okinawa » . Cette appellation semble, a priori  plutôt récente . Source : Recueil des traditions orales de la ville de Gushikawa 「具志川市史」第3巻

À savoir №1 : Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com
Autres différentes appellations en rapport avec le karaté et répertoriées dans les textes anciens:
Ti → ティー = « la main » dans le sens de « technique de la main  » : (karaté)
Tichikayun →ティーチカユン / 手を使う « se servir de la main » : se servir de la technique du ti (karaté)
Tishichyon →ティーシッチョーン/手を知っている « connaître la main » : connaître la technique du ti (karaté)
Tijikun →ティージクン/ 手突く  » frappe de la main » : frappe du ti (karaté)
Titsukumi ティーツクミ « technique de la frappe de la main  » : le ti (karaté)

 

À savoir №2 : le mot « té 手 » apparaît également dans la danse et le mime. La danse traditionnelle des Ryûkyû, dit le Ryûkyû-buyō 琉球舞踊 et dont l’origine remontrait (au minimum) au 15e siècle. L’art se serait affiné et aurait été codifié en l’honneur de la venue des ambassadeurs chinois en visite diplomatique au siège du gouvernement du royaume des Ryûkyû 琉球王府. Un administrateur de la danse  » l’odori-bugyō 躍奉行 » aurait été nommé à cet effet.

Dans cas là également, la main ne signifie pas anatomiquement parlant ,  » l’organe qui se trouve à l’extrémité de l’avant-bras  » mais un ensemble de techniques rythmiques au sein d’une chorégraphie dénommée  » l’hashiri La course 走り »   Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Une de ces chorégraphies dont le thème est  » le rituel bouddhique  » , possède le fil  suivant : dans l’enceinte d’un temple bouddhique 寺院 avait lieu une cérémonie rituelle ésotérique « Syūsho-ué 修正会 ».   Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com
Le chorégraphe mime 猿楽者・猿樂 tenait le rôle du prêtre officiant et exécutait plusieurs actes, plusieurs tableaux sur fond sonore, dont voici la liste :

L’acte dit   « La main (ryûkyûïenne) du grand écrit chinois (?) → dai to bun ryû té (?) → 大唐文球手 (?)  (je ne comprends pas le sens et je ne garantis pas la traduction)  »
L’acte dit    » La main de l’épée → Tsurugi té → 剣手  »
L’acte dit    » La main du guerrier → Busha té → 武者手  »
L’acte dit    » La main de la course → Hashiri té → 走り手  »
L’acte dit    » La main dure(?) → Katassa sa wa no té → かたささはの手 (硬さ? )  »
etc.

 

À noter au sujet du : ti’gwa/ dīgua / tigua  ( dialecte okinawaïen)  手小 « petite(s) main(s) . Se prononce « téko « en Japonais .  Ce terme est employé par des auteurs de langue anglaise ( mais je n’en trouve toujours pas de trace dans les ouvrages anciens et en japonais, du moins ayant le contenu sémantique qu’on veut lui prêter) Ce mot Ti’gwa-dīgua-tigua-手小 servirait à designer une technique dite « d’avant (le) té ティー » ou « d’avant (le) kobudō古武道 » (?) Ce terme est repris tel quel dans des ouvrages de langue française traitant du sujet. Les Chinois se servent de ce terme 短手小 « petite main courte » pour designer des mouvements ou des déplacements de très faibles amplitudes 短手小架式 jiàshi 手小 = 手小 Xiǎoshǒu . Donc ayant un contenu sans réel rapport avec celui que les auteurs américains semblent vouloir lui prêter (?). La seule  trace sémantique  découverte  concernant le  » ti-gwa 手小  » a la signification suivante : « pratiquant de Ti / celui qui pratique le Té (karaté) »
En l’état actuel de mes connaissances, et dans le cadre de cet ouvrage, il est difficile d’accorder à ce terme un fondement historique.

 

Période II De la fin du18e siècle au début du 20e siècle :
La deuxième appellation connu est le « Tōdé  » la main chinoise  » en caractère japonais dit « kanji » s’écrit →唐手 et en okinawaïen s’écrit > ( alphabet syllabaire japonais ) → トーディー et se prononce → Tō-dé-i. A noter que le caractère « Tō » de Tōdé se prononce également en japonais « Kara  » 唐 Détail qui ne sera pas sans importance , quand le maître Gichin Funakoshi 船越義珍, fondateur du style Shotokan 松濤館 (à l’origine du dit style) décidera, sous la pression nationaliste d’avant guerre, de supprimer la consonance chinoise par un caractère diffèrent qui se prononce également « Kara  » → le vide 空 et de mettre, en toute conscience, celui de « Chine  » au placard de l’histoire.
Ce changement d’un caractère par un autre peu sembler anodin mais en fait, c’était une concession qui avait son importance. Elle permettra de faciliter le développement du karaté au Japon 大和. Une autre concession que le maître Funakoshi fera, et qu’il est intéressant de signaler, d’autant plus qu’elle le touche personnellement,  C’est celle d’avoir changer les caractères de son nom;   de ceux-ci →№1 冨名腰 Funakoshi → on passe à ceux là → №2 船越  » qui se lisent également Funakoshi pour un Okinawïen…  Sauf que pour un Japonais le №1 冨名腰  » Funakoshi  » ne se lit pas  » Funakoshi  » mais  » Tominakoshi  « . Le maître a donc changer les caractères pour qu’une fois au Japon, les japonais puissent correctement l’épeler  : «  Funakoshi 船越 » et non pas  » Tominakoshi    冨名腰« .  Le nom №2 船越  ainsi nouvellement composé le fait passer pour être plus japonais… aux yeux des… Japonais.

La raison profonde en est la suivante ; les Japonais regardaient venir de haut une personne qui portait un nom « exotique » comme le sien.  À l’époque et pour l’époque, l’image de la préfecture d’Okinawa 沖縄県 à laquelle son nom « indigène » était associé n’était pas des plus brillante et était synonyme de « cambrousse  » voire de  » rustre colonie  » le fait que le maître Funakoshi était d’origine aristocratique et qu’il était un lettré ne changea guères la situation aux yeux des Japonais.

Revenons à notre Tōdé 唐手. Parmi ceux qui ne sont pas encore les futurs maîtres de l’archipel, beaucoup vont effectuer la traversée de la mer de Chine pour rejoindre le semi-continent du même nom;  l’empire du milieu 中国, la Grèce de l’Asie, la patrie des arts , des techniques et des lettres. — Ils sont jeunes, ils pratiquent assidûment et ils ont une soif intarissable d’apprendre et de se perfectionner. Les techniques de boxe chinoise 拳法 (武术) qu’ils vont apprendre vont s’amalgamer à celles qu’ils possèdent de leur formation au « Té » ancestral . De fait, et que bien que, des la nuit des temps, on ne puisse définir la part d’originalité du Té d’Okinawa par rapport au techniques de Poing → Kempō 拳法 de Chine, il sera de surcroît plus compliqué de définir le nouvel apport dans la part effective de l’un par rapport à l’autre. L’influence de la boxe chinoise sera capitale mais pas suffisamment déterminante pour gommer la différence d’une pratique et d’une conception autre. Cette conception autre qui pourrait se définir par  » l’âme du Té okinawaïen » 「沖縄空手の魂」, La technique de  » la main d’Okinawa » 沖縄手se prononce → Okinawa-té おきなわて , et en okinawaïen Uchina-di et s’écrit > (alphabet syllabaire japonais ) ウチナーディ. Ce n’est ni plus ni moins que cette petite parcelle d’identité enracinée et inconsciente du natif qui fait la différence et qui font que deux choses qui se ressemblent ne sont pas pour cela forcément identiques.

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Fig.0590-  Boxe chinoise / Kempō 拳法 (武术)

Dès leur retour , ces hommes partis parfois de longues années reviendrons s’installer sur leur île et se mettrons à enseigner cet amalgame. Amalgame que les autochtones prendrons l’habitude de nommer le Tōdé 唐手, « la main chinoise » . Une dénomination qui ne s’impose évidement pas brutalement. Certains devaient employer le terme de Té ティー (main) ou Uchina-di ウチナーディ (la main d’Okinawa), pendant que d’autres préféraient celle de Tōdé 唐手 (la main chinoise). Les néophytes , en tout cas ne devaient certainement pas faire la différence. Petit à petit la dénomination Tōdé 唐手 prendra le pas sur celle de Té ティー sans que personne n’en sache vraiment la raison, ni même s’il y en a une. De cette période riche en apports extérieurs, vont apparaître des différences et des sensibilités personnelles qui s’exprimeront suivant les critères, du degré de maîtrise, de la conception philosophique, de la morphologie et du style chinois étudié. Et tout ces facteurs donneront naissance, à plus ou moins long terme,  aux différents styles insulaires qui nous sont parvenus.Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Période III Le 20e siècle et plus précisément la charnière 1929/1936 :
La troisième appellation: le karaté 空手  » la main vide  » , va de par son incorporation effective au cercle des arts martiaux traditionnels du grand Japon : Daï Nippon Budo-Kukaï 大日本武徳会 effectuer une nouvelle transition. Premièrement, cela se traduit dans les faits par le glissement d’un idéogramme vers un autre , comme nous l’avons vu plus haut, et cela sous la pression d’un contexte nationaliste qui imprègne toutes les strates de la société japonaise.

Au début des années 30, l’Empire du soleil levant lance sa politique expansionniste . la Chine sera sa cible prioritaire. Des 1931 c’est l’invasion de la Mandchourie et en 1937 s’en suivra celle de la partie orientale de l’empire du milieu.
La Chine étant de facto l’ennemi au sens premier du terme, on comprend que tout ce qui s’y rapportait de près ou de loin tombait sous le coup, au mieux, du tabou, au pire, de la censure, avant de tomber sous celui de la loi. L’incorporation effective du « karaté 空手 »au cercle des arts martiaux traditionnels du grand japon Daï Nippon Budo-Kukaï 大日本武徳会 , venait de l’action du maître Funakoshi 船越義珍 qui développait son style à Tōkyō même dans la prestigieuse université de Keio 京王大学. mais sans l’appui déterminant du fondateur du Judō; maître Jigorō Kanō 嘉納 治五郎 dont il était devenu l’ami, il n’y serait certainement pas arrivé si rapidement.

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Fig.0589- Maître Funakoshi 船越義珍 en 1922 (52 ans)

Le cercle imposant des arts martiaux traditionnels du grand Japon Daï Nippon Budo-Kukaï 大日本武徳会 comprenait : le Kendō 剣道、Le Judo柔道、(*)Le Jukendō (l’art de la baïonnette) 銃剣道 et le Syagekidō ( l’art du tire) 射撃道. (*) Art d’origine française (1874).  Comme les autres grand arts martiaux japonais, le karaté prendra , sous cette impulsion, le suffixe « Dō 道 » → « La voie « C’était le signe visible de son adoption par le grand frère centralisateur japonais — Quoi que sa place dans cet organisme était fort modeste et qu’il était répertorié en sous-classe du Judō. En fin de compte, ce n’était ni plus ni moins, que la suite logique de son maturissement naturel , qui se traduisait par une expansion en direction de la sphère d’influence nippone qui elle même ne sera bien vite, qu’un jalon de la spectaculaire propagation à l’ international.

Dire que cet état de chose fut , ni bien vu ni bien vécu par l’élite des maîtres Okinawaïens va de soi, eux, dont beaucoup n’avaient jamais quitté leur île natale , ne voulaient , pas prendre le risque d’être dépossédés de  leur héritage martial et ancestral, au profit des arrogants et condescendants « occupants  » Japonais.  Cependant, leurs réticences ne pesèrent pas grand poids, l’histoire était en marche vers une étape supérieure dont seulement quelques maîtres, semblent avoir pris conscience.

D’ailleurs, à Okinawa le changement sortait déjà par le biais de l’imprimerie; le 25 septembre 1936, le journal Ryukyu Shimpō 琉球新報 titrait: « Séminaire de karaté 空手 de (maître) Otsuka  » 「空手大家の座談会」 C’ était le premier exemple, repris par la presse du titre officiel de  » karaté » 空手,  au moyen du kanji → kara→ 空  et main→ té →手 et non plus avec les kanji suivants : tō +dé   唐手 qui pouvaient se lire également  » karaté →唐手. Appellation nomitative beaucoup moins usitée en tant que telle quand elle est formée avec ces kanji 漢字 ; de là une certaine confusion entre  « karaté 唐手 » et  « karaté 空手 »  car si la prononciation ne change pas; le sens lui en est passablement différent.  Désormais cette nouvelle transcription était une réalité qu’il fallait accepter.

Le 25 octobre 1936 ( le 25 octobre est devenu à Okinawa, « le jour du karaté -karate day / karaté no hi 「空手の日」 » ) a  eu lieu une réunion entre les grands maîtres de l’époque pour entériner …… un fait accomplit … Les maîtres ne purent que tomber d’accord et ainsi officielement confirmer l’adoption de l’idéogramme  » 空 kara « . L’ont-ils fait de bon coeur ? Nous ne le saurons jamais mais nous pouvons en douter. Par contre ce que nous savons c’est que le maître Funakoshi 船越義珍 n’assistait pas personnellement à cette réunion. Et que son action ne faisait pas forcement l’unanimité au sein de cette élite okinawaïenne.

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Fig. 0208-    25/10/1936  (une autre source donne la date du : 28/03/1937, pour cette prise de vue )

Deuxième rang, debout  à partir de la gauche  :Shiroma Shinpan 城間真繁, Maeshiro Choryo 真栄城朝亮 , Chibana Chōshin 知花 朝信, Nakasone Genwa. 仲宗根源和.
Premier rang , assis  à partir de la gauche  : Kyan Chōtoku 喜屋武朝,Yabu Kentsū 屋部 憲通, Hanagusuku Chōmo  花城長茂, Miyagi Chōjun 宮城長順.

Certains maîtres vont suivre suivre la voie tracée par le maître Funakoshi 船越義珍 et vont aller s’implanter sur la « terre de l’intérieur » → 内地 →  » Naï-chi « , comme ils surnomment le Japon, y enseigner à un nombre croissant de pratiquants. La grande aventure du karaté contemporain prenait, dans cette période troublée, son tremplin pour aller, paradoxallement conquérir pacifiquement et majestueusement le reste du monde.

— Un dernier point à préciser, le maître Chōmo Hanagusuku 花城長茂 dès 1905 avait employé le terme «  karaté , karaken « → main vide, poing vide  » → 空手空拳 La précision est juste anecdotique. Le maître Funakoshi 船越義珍 s’en est -il souvenu par la suite, et cela l’a t-il influencé ? Aucun texte ne le confirme.

Les trois grands courants : Le Shuri-té 首里手 le Naha-té 那覇手 et le Tomari-té 泊手
Dans les ouvrages techniques et historique récents, le karaté est divisé en trois grands courants qui sont: Le shuri-té 首里手 le Naha-té 那覇手 et le Tomari-té 泊手. La différence est importante entres les deux premiers mais beaucoup moins pour le dernier par rapport aux deux premiers. Cette classification a des contours assez corrects et logiques qui légitiment son emploi mais c’est une appellation récente et complètement inconnue des anciens avant les années 20.  Avant cette époque aucun document ne décrit ou ne classifie les courants sous cette appellation.  Cette classification aurait été élaborée par un fonctionnaire de la préfecture d’Okinawa 沖縄県労務課長 dans le but de faire ressortir l’appartenance intrinsèque du karaté à la culture okinawaïenne. Cela venait en réaction à la création de nouveaux styles sur le sol du Japon.

Le maître Itosu糸洲安恒 (en 1908 明治41年), puis à sa suite, son élève, le maître Funakoshi 船越義珍 (en 1922 大正11年) ont employé deux nouvelles appellations pour définir les courants majeurs qui n’étaient pas, quant à eux, classés en fonction d’une entité territoriale précise mais par rapport aux « Kata 型 » enseignés au sein de ces courants : Le premier est le Shōrin-ryū 昭林流 (昭林流寺伝流) et le deuxième est le Shōrei-ryū 昭霊流.(*)

1) le Shōrin-ryū 昭林流 représentait (dit-on) à Okinawa le courant chinois dit de la boxe du nord 中國武術流派 → 中国武术→北派.
2) le Shōrei-ryū 昭霊流 représentait (dit-on) à Okinawa le courant chinois dit de la boxe du sud  中國武術流派 →中国武术→南派.

(*) À savoir : en ce qui concerne le style Shōrei-ryū 昭霊流 , le maître Itosu糸洲安恒 semble avoir été induit en erreur.  Ce terme de Shōrei-ryū 昭霊流 est une erreur de traduction contenue dans l’ Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志    transformant le Shōrin-ryū 昭林流 en Shōrei-ryū 昭霊流 et aurait été le fait d’un choix peu judicieux concernant les caractères 漢字 employés pour le transcrire → 昭林流 → 昭霊流 (Shōrei-ryū ) Cette mauvaise traduction,  qui passe du mandarin  官话/ 汉语 → au wu  吴语 /dialecte 方言 donne à penser qu’il existe deux styles parallèles alors qu’en fait, il n’y en a qu’un seul. Cela revient à dire que le style « Shōrei-ryū 昭霊流  » écrit avec ces caractères, n’a jamais existé en temps que style.

À noter: Cette classification (Shōrin 昭林 / Shōrei 昭霊 ) en elle même, contient des imprécisions car le maître Funakoshi 船越義珍, a selon les réimpressions successives d’un de ses livres, fait diverger certain katas 型 d’un style vers l’autre. Comme quoi que, pour les maîtres aussi, ce n’était pas simple pour s’y retrouver …

Nous passons donc de deux (soi-disant) courants — le Shōrin-ryū 昭林流 et le Shōrei-ryū 昭霊流 —- à trois courants : Le Tomari-té s’étant presque entièrement dilué dans les courants dits “a posteriori” de Shuri et Naha. C’est un constat que, le maître Funakoshi 船越義珍 prendra vraissemblablement en compte. Il ne nomme que deux courants spécifiques ; le Shōrin-ryū et le Shōrei-ryū. Les historiens par fidélité à la réalité ont fait ressortir le Tomari-té à une place qui aurait pu être moins flou si la tradition technique en avait été perpétuée mais ce ne fut malheureusement pas le cas. Ils ont donc établi la classification suivante:

1) Le Shuri-té; en caractère japonais dit « kanji » s’écrit → 首里手 et se prononce → Shu-li-té . et en okinawaïen s’écrit > alphabet syllabaire japonais → スイディー et se prononce → Su-i-dé-i.

2)Le Naha-té ; en caractère japonais dit « kanji » s’écrit → 那覇手et se prononce → Na-ha-té . et en okinawaïen s’écrit > alphabet syllabaire japonais → ナーファディー et se prononce → Na-fa-dé-i

3) Le Tomari-té ; en caractère japonais dit « kanji » s’écrit → 泊手et se prononce → Tomali-té. et en okinawaïen s’écrit > alphabet syllabaire japonais → トマイディ et se prononce → To-ma_i_dé-i.

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Fig.0058 Cliquer pour agrandir ↑ ou cliquer sur le lien pour  vissionner la carte de >>> Google

On dénomme ces trois courants selon les bourgs ou les bourgades portuaires où ils ont fait leur apparition. Ainsi , le shuri-té a vu le jour dans la ville de shuri 首里 , le Naha-té dans la ville de Naha 那覇  et leTomari-té dans la ville de Tomari 泊 .

À l’origine il s’agissait de trois lieux distincts qui forment actuellement et pour deux d’entre eux : Shuri et Tomari, des quartiers du dernier cité; Naha. Ce dernier cité est devenu de nos jour, la préfecture D’Okinawa. Ces trois lieux n’étaient pas très distants les uns des autres ils tiennent tous les trois dans un rayon d’environ cinq kilomètres (à vol d’oiseau). Naha et Tomari étaient et sont encore actuellement des ports et Shuri une colline qui domine toujours les deux autres. À Shuri, se situait le coeur du royaume ayant pour point culminant le château royal de Shuri 首里城,  la résidence des souverains des Ryûkyû.

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Fig.0014 .Copie d’une ancienne carte — Cliquer pour agrandir ↑

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À l’intention des visiteurs indélicats. 
Les articles de ce blog n’ont pas vocation à être la cible de pillages numériques intempestifs et de copié-collés sauvages.  
Vous pouvez bien évidement vous inspirer des contenus, vous y référer même, sans pour autant vous adonner au pillage du travail exposé sur ces modestes pages.
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L’histoire du karaté Okinawaïen  沖縄空手の歴史 Christian Faurillon -フォーリヨン・クリスチャン ©2015

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