Les armes du Kobudō : la barre-poignée – Tonfa

Les armes du kobudō okinawaïen – Le tonfa « トンファー 俸 »  » 旋棍  » L’art du tonfa 『トンファー術』

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Fig. 0123- Différents tonfa.

Comme pour beaucoup d’autre armes du kobudō; plusieurs influences se disputent l’origine du tonfat « トンファー 俸 » tel que nous le connaissons actuellement sous sa forme à Okinawa. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

1) ●La première influence chinoise possible provient d’une variante de béquille 孙膑拐. Selon la legende, à la bataille de Guì líng (桂陵之战 ) 354 av. J.-C; un dénommé 鬼谷子 Guǐgǔzi maître taoïste réputé et blessé à un genou, aurait modifié la béquille qui lui servait à tenir debout en arme à part entière et serait devenu ainsi le fondateur du style « Guǐgǔzi 鬼谷子 « de la béquille  »  拐 guǎi « . Ce style n’a pas été semble-t-il largement diffusé (军事家之鼻祖) mais  il est encore enseigné en Chine.  Le style Guǐgǔzi comporterait plus de trois cent soixante mouvements et déplacements différents↓ ( Certainement la plus probable des influences)

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Fig.0619 – La béquille  »  拐 guǎi  » . ces  »  拐 guǎi « sont fabriqués avec le bois du Xiǎoyè zǐtán ⇒ 小叶紫檀   ⇒ Pterocarpus santalinus (arbre tropical de la famille des Fabacées).

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Fig.0121-   Béquille 拐  guǎi  (Kaï en japonais) arme chinoise longue de 114 cm et recensée comme étant la 66e arme du temple Shaolin  嵩山少林寺.

2) ●La deuxième influence possible, est celle d’un instrument agricole 農具: il serait cette longue poignée ( le levier ) qui sert à faire tourner les moulins à bras 石臼 の挽き棒. Ce moulin est en pierre, et il permet la mouture de diverses céréales. Il était un objet courant des campagnes de l’archipel. Le moulin à bras est en lui même le fruit de l’évolution de la meule à grains , en pierre, utilisée pour la fabrication de la farine. ↓

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Fig.0118 – Poignées des moulins à bras 石臼 の挽き棒 / 沖縄の民具 /考古民俗叢書より。

L’ outil d’usage domestique employé au Ryūkyū : Le moulin à bras, provient du monde agricole. Le paysan fauche les céréales et créé la farine nécessaire à son alimentation à l’aide de ce moulin en pierre familier du monde rural. Christian Faurillon  

3) ● La troisième influence qu’on lui prête, provient du monde de la mer. C’est le levier de commande Ro-ude 櫓腕・(barre franche) kajitsuka 舵柄 d’un aviron latéral ou de celui d’un gouvernail d’étambot . Le tonfa possède selon l’époque et le lieu, plusieurs appellations ou prononciations plus ou moins différentes : to-ifã トイファー, tonfã トンファー, tong-wã トングヮー, tong-wa トングワァ et tōfã トウファー sont recensées. La dernière appellation citée est intéressante car en dialecte okinawaien  » tōfã トウファー  » désigne la barre franche d’un aviron latéral ou bien d’un gouvernail d’étambot. Le gouvernail d’étambot 中国舵床 est une invention chinoise que l’on peut voir encore en Asie du Sud-Est sur l’arrière d’anciens sampan 三板 toujours en usage pour le cabotage. ↓

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Fig.0122- Barre franche d’un aviron latéral ou d’un gouvernail d’étambot.

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Fig.0587- Sampan 三板 / Mer de Chine.

Les anciens, n’avaient qu’à couper la barre du levier de commande à une longueur d’environ 45 centimètres pour en faire un robuste tonfa près à l’usage.  À nuancer : les anciens maîtres ont toujours recherché à rendre leurs armes de kobudō le plus discret possible, ils avaient donc tendance à réduire la taille de ces armes dans la mesure des possibilités pour les rendre beaucoup moins visibles. Christian Faurillon  

*** Il n’est, également, pas impossible que plusieurs de ces influences ont  interféré entres elles.

L’entretient des Tonfa(s) était , comme pour toutes les armes en bois du kobudō, réalisé au moyen d’ un badigeon d’huile de requin 鮫肝油. L’huile de requin à deux fonctions : la première est d’ordre pratique ; empêcher les vers de s’attaquer au bois . La deuxième était censée posséder le pouvoir de faire fuir les mauvais esprits. L’huile de requin est difficile à se procurer car elle dégage une odeur nauséabonde lors de sa fabrication. De ce fait elle n’est plus que rarement fabriquée.

À noter que des tonfa(s) entièrement en fer existent mais ils semblent avoir fait leur apparition à une époque relativement récente. On peut encore en observer quelques rares exemplaires à Okinawa Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Les katas 型 de tonfa ne sont pas nombreux :

Yara no tonfa 屋良小のトンファー En dialecte d’okinawa → yaragua nou tonfa ヤラーグァーヌトンファー

Hamahiga no tonfa 浜比嘉のトンファー En dialecte d’okinawa → hamihijya nou tonfa ハマヒジャヌトンファー Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Ces deux kata nous proviennes de l’ héritage martial des nobles de Shuri.

Yara et hamahiga étaient des aristocrates en service à la cours des souverains des Ryūkyū . Yara 屋良, était le fils du dénommé Chatan Oyara北谷大屋良 spécialiste du Ryūkyū kobujutsu 琉球古武術 et dont l’arme de prédilection était le Tonfa トンファー. L’héritier martial du maître Yara 屋良 ; est actuellement le maître Nakamoto Masahiro 中本政博先生 qui possède un dōjō à Shuri 首里.

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À l’intention des visiteurs indélicats. 
Les articles de ce blog n’ont pas vocation à être la cible de pillages numériques intempestifs et de copié-collés sauvages.  
Vous pouvez bien évidement vous inspirer des contenus, vous y référer même, sans pour autant vous adonner aux pillages du travail exposé sur ces modestes pages.
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L’histoire du karaté Okinawaïen  沖縄空手の歴史 Christian Faurillon -フォーリヨン・クリスチャン ©2015

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