Les armes du Kobudō : la cambrure de fer – tekkō

Les armes du kobudō okinawaïen – Le tekkō ( tékkō ) « 鉄甲 » L’art du tekkō 『鉄甲術』

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Fig.0151- Tekkō 鉄甲avec des crans. 沖繩使用的武器。

Le tekkō 鉄甲est une arme en fer  » cambrure 甲 de fer 鉄 » ⇒  « Poing de fer « quántiě 拳鐵 (en chinois ) son plus récent avatar se retrouve sous la forme actuelle du poing américain. Selon une tradition orale; l’origine du poing américain, proviendrait de l’époque où les ouvriers chinois travaillaient sur les chantiers des chemins de fer de la ligne trans-américaine ( fin du 19e siècle ) Ce sont eux qui auraient apporté cette arme dans leurs bagages de travailleurs immigrés . Quelques bris de mâchoires ont du asseoir sa renommée car les pragmatiques Américains nous ont laissé , après amélioration, la forme discrète et singulière que nous connaissons actuellement.

Certaines sources nipponnes (?) avancent que le Tekkō 鉄甲 tiendrait son origine de la panoplie des armes de dissimulation, non-orthodoxe, 隠し武器 de ces « commando-espions » japonais surnommés  (tardivement )   » ninja 忍者 »  Ce qui semble à première vue peu  probable étant donné la rareté de l’objet en question et le manque de sources écrites concernant le sujet.  Ceux que l’on trouve au Japon sont de facture trop récente pour en tenir compte. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

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Fig.0150- Le poing américain, est une arme dérivée du  » poing de fer quántiě 拳鐵 » ( tekkō 鉄甲 en japonais) Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

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Fig.0614-   Poing de fer chinois  拳鐵 quántiě  ( tekkō 鉄甲)

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Fig.0149 –   variante     ⇒ Fig.0580- Gàn kūn quān 乾坤圈  (Ring /anneau )↑  Spécimens volumineux en métal ferreux. La forme de cette arme provient d’une possible inspiration de l’arme divine et légendaire 风火轮(神话兵器); le fēng huǒ lún 風火輪 ⇒ 风火轮 qui est visible sous le pied gauche de la divinité taoïste Sān tài zǐ   三太子 (Fig.0581 ↓) car elle permet, chevauchée de se déplacer à une vitesse vertigineuse.

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ou encore dans sa plus simple expression; un anneau en métal  ↑ Fig.0581-   ⇒  La divinité taoïste :  » Sān tài zǐ   三太子  » ( le prince de la trinité ?)  en est armèe (anneau tenu de la main gauche Fig.0582-)

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Fig.0583 – Anneaux 少林如意圈 également compris dans la panoplie des armes du temple Shaolin  少林寺.

Quoi qu’il en soit, même si les  Ryūkyū(s) ont bénéficié de l’apport chinois en la matière, ils ont ajouté une touche locale en incorporant dans la diversité de la panoplie des Tekkō 鉄甲 un objet somme toute banal ; le fer à cheval  » Tetetsu 蹄鉄  » Le fer à cheval était employé tel quel, sans subir de modification. Son principal défaut était la moins bonne stabilité lors de la prise en main. Ce défaut se répercute sur le poignet qui doit effectuer un effort important pour compenser le déficit d’adhérence de la poigne lors de la frappe.

Les Okinawaïens ont il utilisé le fer à cheval 蹄鉄 avant de connaître ou de posséder le Tekkō 鉄甲 de base ? (Fig.0151) ; aucun source ne le confirme. Ce qui est certain c’est qu’avant le 18e siècle, le fer étant ce qu’il était; hors les nobles Aji 按司, il semble difficilement concevable que les paysans 農民 aient pu en conserver des exemplaires aussi facilement. Le fer à cheval 蹄鉄 usager n’étant que de la précieuse matière première en attente d’être recyclée. En dehors des nobles seuls les palefreniers et les conducteurs de chevaux 馬方 étaient susceptible d’approcher ce produit de luxe. En admettant que les paysans aient pu pour une raison ou une autre s’en procurer. ils n’auraient certainement pas hésiter à les faire fondre pour fabriquer des outils dont ils avaient tant besoin pour leurs travaux du quotidien. Le monde agraire de l’époque, n’était pas pauvre; il était miséreux. * Comme mentionner plus haut; cette remarque n’est valable que pour une période antérieure au 18e Siècle.

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Fig.0152- Fer à cheval 蹄鉄 / 沖繩使用的武器。

Le Tekkō est peu pratiqué et fait parti des arts mineurs du kobudō okinawaïen. Seul quelques spécialistes possédant généralement un solide bagage dans les armes du kobudō entretiennent la petit flamme de la tradition. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

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Fig.0153- Tekkō 鉄甲 Karate Museum Okinawa 沖縄県空手博物館より. Les crans permettent également d’éviter le glissement vers l’avant bras de la lame d’un sabre lors d’une action de blocage d’une attaque adverse.

Le Tekkō en tant que art est certes peu pratiqué mais l’arme en elle même, possédant un certain charme, est fréquemment l’objet de collections importantes par le nombre d’exemplaires qui les composent. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Kata:
Un seul kata est recensé:
Maezato no tekkō 前里の鉄甲 En japonais
Mazatō nu tikkō メーザトゥヌティッコウ En dialecte des Ryūkyū

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Fig.0144- Tekkō  鉄甲

 

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À l’intention des visiteurs indélicats. 
Les articles de ce blog n’ont pas vocation à être la cible de pillages numériques intempestifs et de copié-collés sauvages.  
Vous pouvez bien évidement vous inspirer des contenus, vous y référer même, sans pour autant vous adonner aux pillages du travail exposé sur ces modestes pages.
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L’histoire du karaté Okinawaïen  沖縄空手の歴史 Christian Faurillon -フォーリヨン・クリスチャン ©2015

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