Tomari du port de pêche à celui de commerce

Tomari 泊港 : du port de pêche à celui de commerce.

*il est beaucoup plus difficile de définir les contours socioculturels de l’agglomeration de Tomari 泊村、ceci est principalement au manque de sources écrites

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Fig.0037 – Vue sur le village de Tomari

Située sur façade maritime ouest, le port de péche Tomari 泊港, a été aménagé en 1264 comme port de commerce par le roi Eizo 英祖(1229-1299) souverain du Chuzan 中山 ( De 1322 à 1429 . L’archipel des Ryûkyû étant alors divisée en trois royaumes : Le Nanzan 南山 du sud , le Chūzan 中山 du centre et le Hokuzan du nord 北山.) L’emplacement du port à l’embouchure de la rivière Asato 安里川 facilitait le transport aussi bien, fluvial que terrestre vers l’intérieur des terres. Le roi Eizo 英祖 résidait alors au château de Urasoe 浦添( le château de shuri n’ayant pas encore pris l’importance qu’il possédera plus tard sous l’influence du roi Shō Hashi 尚巴志王.

Devant l’expansion progressif du commerce maritime le souverain avait été obligé de délaisser le port de Makiminato 牧港 bien trop étroit pour le port de Tomari泊港qui possédait une structure mieux adaptée aux tonnages supérieurs et aussi l’avantage de ne pas être trop éloigné du château et de la bourgade de Urasoe 浦添siège du gouvernement du moment.

Au 14e siècle, à l’époque où le commerce n’était pas encore ce commerce d’état qui fera la fortune future du royaume, le trafique se contentait d’être un commerce de proximité entre Okinawa et les autres îles de l’archipel telles que: Miyako宮古, Yaeyama 八重山, Amami 奄美 et Oshima 大島.

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Fig.0030

L’aménagement du port demandera des efforts soutenus pour le rendre utilisable dans les limites du relief imposé par la géographie. Tomari 泊港 est Le port de commerce le plus important du 13e au 14e siècle . Ce n’est qu’ après la réunification des trois royaumes en 1422 sous le règne du roi Shō Hashi 尚巴志王 (1372-1439) quand le fructueux commerce avec la Chine prendra son plein essor ,que le port de Naha 那覇 lui ravira définitivement la première place comme port commercial des Ryūkyū 琉球 .

Après avoir perdu sa prédominance maritime et commerciale, la bourgade portuaire Semble s’être résigner à devenir une sorte de bureau d’immigration et de rétention, où étaient mis en quarantaine aussi bien les marins étrangers rescapés de naufrages en attente de rapatriement , que les missionnaires étrangers , en majorité des occidentaux. Des bâtiments officieux et des temples, implantés à Tomari,   servaient de lieux d’hébergements. Un bâtiment officiel le « Tomai Udun  » 泊御殿 et un entrepôt d’état le « Oshimakura » 大島倉 sont les témoins architecturaux de son passé commerciale et maritime. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

 

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Fig. 0006 – Temple Syōgenji 聖現寺

Au 19e siècle, quelques missionnaires français tel, le père Forcade (1844) accompagné d’un père chinois le père Ko高, seront logés dans le temple de l’école Shingon 真言宗, le Syōgenji 聖現寺 le père Pierre-Marie Le Turdu (1846 ) sera par la suite, logé au même endroit . Tous ces missionnaires ne disposaient pas de liberté d’action, du moins dans les premiers temps , et resterons confinés à Tomari 泊. Le règlement royal dicté en sous mains par un magistrat de Satsuma dit  » zaiban bugyō  » 在番奉行 finira par être assoupli par crainte de représailles de la marine française qui exerçait alors, une pression direct sur le gouvernement des Ryûkyû. Les prêtres étant officiellement placés sous la protection de la marine.
L’enseignement religieux des missionnaires n’était pas tenu en grande estime par le clan japonais de Satuma 薩摩藩, qui le tenait pour subversif. La persécution des chrétiens au Japon avait commencée depuis les années 1580 ne se terminera véritablement qu’ en 1873 avec la réadmission officielle du christianisme sur le sol japonais.

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↑Fig.0026

Une tradition orale, prétend que parmi les rescapés de naufrages en attente de rapatriement, se trouvaient des Chinois 中国人et des Coréens 朝鮮人pratiquants les arts martiaux, Une poignée de ces hommes enseigna son art à des petits nobles chargés des fonctions administratives de la bourgade de Tomari 泊村; Matsumura Kōsaku 松茂良興作 a profité de cet enseignement, dans les époques reculées, il y a du certainement en avoir beaucoup d’autres .
Les nobles « aji » 按司 , de part leur statut, devait pratiquer le style originaire enseigné dans le fief de Shuri. quant aux roturiers de Tomari 泊村; composé principalement d’artisans 職人 d’ouvriers des salines 町百姓 , de bras pour la marine 労働者et de pécheurs 漁師, ils semblent avoir été assez peu nombreux à accéder à cet enseignement martial. Cela tenait du fait que les autorités interdisaient, plus ou moins formellement, les contacts avec la population locale mais dans ce domaine également (et  selon les époques), des relâchements sur l’application formelle de cette interdiction ont eu lieu .

Comme nous l’avons vu plus haut, quand les premiers Européens se sont présentés dans les ports de l’archipel , le gouvernement royal, sous la pression du clan de japonais de Satsuma 薩摩藩, a durci les conditions de liberté de mouvements des étrangers. Les autorités craignant l’influence nocive que pouvait exercer les dogmes de la religion catholique sur le docile petit peuple 町百姓 .

Les nobles de Tomari 泊 quant à eux, étant plus ou moins coutumiers du Té 手ancestral. ont certainement été très intéressés à établir des contacts avec les pratiquants chinois d’arts martiaux 武術, conscient de l’apport bénéfique qu’ils pouvaient espérer en tirer. Sous l’influence de cette porte entrouverte vers l’extérieur qu’est la structure de Tomari, va se forger des relations étroites entre , d’une part le courant ainsi constitué, dit du Tomari-té 泊手 et celui du Shuri-té 首里手 , et d’autre part entre celui dit du Tomari-té 泊手 et celui dit du Naha-té 那覇手. Relations étroites, rendues possibles et aussi certainement amplifiées par le glissement urbain et ultérieur de Naha 那覇 qui va absorber le village de Tomari 泊村 et former ce qui est désormais son périmètre actuel.

 

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À l’intention des visiteurs indélicats. 
Les articles de ce blog n’ont pas vocation à être la cible de pillages numériques intempestifs et de copié-collés sauvages.  
Vous pouvez bien évidement vous inspirer des contenus, vous y référer même, sans pour autant vous adonner aux pillages du travail exposé sur ces modestes pages.
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L’histoire du karaté Okinawaïen  沖縄空手の歴史 Christian Faurillon -フォーリヨン・クリスチャン ©2015

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