Les hommes de la tradition : chapitre 1

Haute de page : Sakugawa Ganka 佐久川 寛賀. Bas de page : Matsumura Sōkon 松村 宗棍.

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Sakugawa Ganka 佐久川 寛賀 Ce que l’on connaît véritablement de lui est peu, et à la fois beaucoup, pour l’époque et le lieu qui l’ont vu naître et mourir.

Nom de famille : Sakugawa 佐久川 Prénom : Ganka 寛賀 Avant de s’appeler Sakugawa il a eu pour nom de famille celui de « Teruya 照屋 » . C’est un fait historique avéré qui est ressorti grâce à l’arbre généalogique 系図 transcrit sur papier et détenu par un de ses descendants. Ce document comporte des lacunes importantes car si la filiation sur plusieurs génération (des membres mâles) y est bien indiquée; les dates de naissance, décès et mariages en sont absentes  (佐久川 親雲上寛賀). フォーリヨン クリスチャン

Concernant ce changement de nom de « Teruya 照屋 » en « Sakugawa 佐久川 » trois explications peuvent être données pour tenter d’expliquer ce phénomène à première vue surprenant. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

À Okinawa, une tradition permet à un père de famille nombreuse « d’offrir « un de ses fils à un frère ou une soeur qui bien que mariée n’aurait pas pu en avoir naturellement ; le fil ainsi offert devenait le fils adoptif et successeur légale de son oncle et de sa tante. Dans ce cas il changeait de nom et prenait celui de son nouveau père adoptif .

Un deuxième cas existait (et existe toujours ) : à l’occasion de son mariage, le marié choisissait de prendre le nom de famille de sa femme. Comme pour le premier cas, il ne s’agissait pas d’un coup de tête mais d’une décision suite à des tractions familiales. Le père du mari permettait à un de ses fils de prendre le nom de la future épouse dans le cas où la famille de cette dernière n’aurait plus eu, ou pas eu de descendants mâles pour faire perdurer le nom de famille.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Le plus probable semble le troisième cas que voici: les familles nobles s’identifiaient à la terre qu’ils géraient. De fait quand, pour une raison ou une autre, ils changeaient de fief; il changeaient de nom de famille 家名. Ce système faisait qu’il arrivait parfois que les enfants ne portent pas le même nom de famille que leurs parents.

En ce qui concerne Sakugawa Ganka 佐久川 寛賀; et étant donné que selon son arbre généalogique 系図, le présente comme fils unique; on voit difficilement comment son père « Teruya 照屋寛等 »  ait pu accepter qu’il puisse devenir le fils adoptif d’un tiers. Il semble donc raisonnable de penser que le troisième cas décrit plus haut soit à l’origine de ce changement de nom de famille 家名.

À noter : le nom de famille pouvait éventuellement changer mais il était de tradition de garder le même premier caractère (漢字)  du prénom 下の名前 pour tous les mâles descendants de la lignée ; dans le cas de  Sakugawa Ganka 佐久 賀  <<<  le voici signalé en police de couleur marron.

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Fig.0234.arbre généalogique 系図 des Teruya 照屋/ Sakugawa 佐久川

Cet arbre généalogique 系図 nous apprend qu’il a eu trois fils (1-佐久川 寛方、2-佐久川寛紀, 3-佐久川寛昌) mais ne nous donne pas le nom de son épouse.

Surnom: Todé Sakugawa ( Sakugawa la main chinoise) 唐手佐久川 .en dialecte d’Okinawa, se prononce: « tōdi Sakugã »

Date de naissance et de décès : plusieurs dates s’affrontent. Ces dates sont les suivantes : 1762 -1843, 1733-1815, 1782-1862 et 1786-1867 Sans compter que dans le paragraphe mentionner plus bas il est dit « qu’il avait trente ans lors de sa prise de fonction le18 mai 1835 » . Si cet âge de trente ans est correct cela lui donne comme année de naissance : 1805 ?!. Selon maître Nakamoto Masahiro 中本政博先生 , l’âge de son décès se situe  à 81 ans, ce qui donne :1805 -1886 ?! On voit qu’il n’est jamais facile de s’y retrouver même dans des événements historique relativement récentes. La date la plus probable semble celle de 1762 -1843. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Lieu de naissance : Avant les recherches entreprises par le maître Hokuma 外間哲弘先生(historien du karaté reconnu) le lieu de naissance de Sakugawa Ganka 佐久川 寛賀 était censé se trouver à Akata 赤田(アカタ)村 . Le village d’Akata se situe , comme tous les villages de la noblesse , autour de l’enceinte du château de Shuri 首里城. Mais les recherches ont démontré que le lieu exact de naissance de Sakugawa Ganka 佐久川 寛賀 se trouve à « Tonjyumui 鳥小堀  » (dialecte d’Okinawa ) Le nom de ce village a subi depuis une modification il est connu sous son nom actuel de « Torihori 鳥堀 » (Quartier de 鳥堀二丁目district de Shuri 首里dans la ville actuelle de Naha 那覇市).

À prendre avec précaution: Il semble y avoir une confusion entre deux personnages différents nommés Sakugawa 佐久川 (homonyme)  ; en clair ; il y a une possibilité que Sakugawa Genka 佐久川 寛賀 ne soit pas le Todé Sakugawa 佐久川 historiquement admis comme tel …

Un cours passage est consacré à Todé Sakugawa 唐手佐久川 dans l’ouvrage « Okinawa: un millénaire d’histoire 沖縄一千年史 » de Ajikina anko 境名安興 un des plus grands historiens des Ryukyu (1875–1933) édition de 1923.
 » De tous les éminents pratiquant d’arts martiaux 武芸et de danse traditionnelle 舞踊 ayant vécu avant même l’apparition du todé (de la main chinoise ) et de tous ceux qui ont vécu après, aucun n’a laissé l’empreinte de son nom dans l’histoire tel Todé Sakugawa . Il a fait connaître dans tout le royaume un art de combat (de prises) kumiaï jutsu 組合術 qui ne portait pas à l’époque de nom encore bien défini. » ( quand on connaît la proximité des kobudō et du karaté avec la danse traditionnelle on est guère surpris, il est intéressant de voir que le nom de Sakugawa Ganka était, associé à la danse traditionnelle des Ryūkyū 琉球舞踊 . Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Todé Sakugawa est considéré par beaucoup de pratiquants comme le « père du karaté  » Disons pour être plus honnête qu’il est l’homme par qui cet art de combat est sorti de l’obscurité des siècles où le contexte historique l’avait enfermé. Ce qui est loin d’être une mince affaire; les temps étant se qu’ils étaient , les combattants experts ne devaient pas manquer. De surcroît, il a établi cette renommée sous l’occupation « militaire » du clan de Satsuma 薩摩藩 sensée ne pas être spécialement tendre avec les insulaires. Il est vrai que la puissante passée du clan japonais , n’était plus, outre mesure, d’actualité.

Guerrier noble et homme de lettre 文武両道.

Enfant il pratiquait, comme beaucoup de  nobles « Aji 按司 » , le « té・手・ティー » Okinawaïen (Le nom de son maître n’est pas connu) à l’adolescence, il rechercha les enseignements de maîtres différents tout en s’entraînant avec une passion accrue. Le fait d’être noble « Aji 按司 » lui permis de faire longues études, domaine dans lequel il excellait également. Cela lui permettra plus tard d’obtenir « une bourse » réservée à l’élites intellectuelle pour aller étudier directement en Chine支那 où il y passa environ six années comme étudiant . L’élite des étudiants Ryūkyūïens dont il faisait partie avait l’avantage de pouvoir étudier en Chine 中国 aux frais de L’empire. Les Chinois prenaient tous les frais de séjour à leur compte y compris les frais de bouche. (parfois, être le vassal d’un grand semble avoir du bon..) Si le premier but du voyage était l’étude, on se doute bien qu’il a du profiter de son séjour pour s’initier aux techniques locales de boxe chinoise 中国拳法 on souligne même que l’art de la technique du bâton exerçait une grande influence sur lui ; il en deviendra par la suite un maître incontesté. Une série de kata 型 (quatre ) est encore actuellement enseignée dans les dōjō de kobudō sous le nom de : « Sakugawa nou kun 佐久川の棍  » (dialecte d’okinawa) ( voir le chapitre consacré au Bâton long « Bō 俸 »)

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Fig. 0396- ↑   Portail de l’enceinte extérieure du  » Ryūkyūkan 琉球館 » ou « Juuen’eki 柔遠駅 ».

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Fig.0280-   ↑  Le fronton intérieur du » Juuen’eki 柔遠駅 » (進貢工柔遠駅) plus connu sous le nom de Ryūkyūkan 琉球館, à Fuzhou 福州市 (台江区琯後街40号) capitale de la province chinoise du Fujian 福建省. Construit en 1469 pour accueillir la délégation des envoyés royaux auprès du souverain de Chine. Ce lieu servait aussi de centre d’hébergement pour les Ryūkyūïens immobilisés suite à un naufrage voire à une avarie demandant un délai de réparation important. Quelques étudiants en transite vers Pékin 北京 y trouvaient également un hébergement de passage.

Le fait de parler couramment le chinois 中国語 lui facilitait l’approche et lui permettait de convaincre les maîtres de l’empire du milieu de lui enseigner des techniques locales.
Un de ses maîtres se serait dénommé « Iwaa イワァー »  (違伯?) la traduction phonétique japonaise ne permet pas de connaître les caractères chinois 漢字employés pour transcrire son nom; il est donc malheureusement difficile d’en trouver une éventuelle trace dans les archives chinoises. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

À son retour il devient fonctionnaire d’état et se retrouve à l’âge de trente ans en poste sur l’île de Yaeyama 八重山 comme  » premier secrétaire  » 在番筆者 ( traduction approximative) il resta sur cette ile, du 18 mai 1835 au 17 mai 1838. La durée normale de la fonction était d’un an mais son successeur présumé ayant décédé, il y resta encore pendant trois ans (archives officielles). De retour à Okinawa 沖縄本島 il devient maître enseignant dans la plus grande école royale du moment : la Ryūkyū kokugaku 琉球国学. Puis, parallèlement à son travail d’enseignant, il est honoré du titre de » représentant du royaume vassal des Ryūkyū (auprès de sa majesté de l’empire du milieu)進貢使 » Du fait de cette fonction diplomatique, il aura l’occasion d’effectuer six voyages officiels en Chine.

Sa technique de todé 手(ティー) était basée sur la souplesse, la vitesse d’exécution et les attaques longues ( caractéristiques tenues par les historiens du karaté comme étant celles du shuri-té首里手) et son attaque dit du saut en triangle « sankaku tobi 三角飛  »Un saut circulaire incorporant une technique de jambes (?) Keri Waza 蹴り技  » faisait des ravages parmi ses adversaires.

On ne sait pas exactement quand il a commencé à enseigner son art ni exactement où.

Entre réalité, légendes et contes populaires.

Exploits guerriers « Buyūden 武勇伝 » :
On lui prête de nombreux et divers exploits sans que les sources écrites soient là pour les corroborer. Parmi ces exploits. celui d’avoir contribué à faire échouer un abordage par les pirates lors du transport maritime le conduisant en Chine (?) et effectué à bord d’une jonque royale des Ryūkyū 進貢船. Par la suite en tant que représentant officiel du royaume des Ryūkyū 進貢使 il fera (comme indiqué plus haut) encore six fois l’aller-retour mais toujours à bord d’une jonque royale. Cet exploit de la » tentative d’abordage » semble assez peu probable car aucune jonque officielle de cette époque n’a subi d’abordage ou tentative d’abordage par les pirates. ( voir le chapitre sur la lutte contre Les pirates en mer de Chine). Si cela avait été le cas les chroniques n’auraient pas manqué de le mentionner, tellement les jonques royales 進貢船 étaient entourées de soins) S’agit t-il d’une jonque plus modeste et non royale qu’il aurait emprunté pour se rendre en Chine alors qu’il était étudiant ? Difficilement concevable; les étudiants bénéficiant d’une  » bourse  » partant étudier en chine étaient obligatoirement pris en charge , et cela jusqu’en Chine , à bord d’une jonque royale. Par contre comme il a été nommé en fonction dans l’île de Yaeyama 八重山 (comme décrit plus haut) ; il n’est pas impossible que la modeste jonque qui servait au déplacement ait été victime d’une tentative d’abordage mais aucune trace écrite n’est là pour étayer l’exploit qui lui est prêté. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Un conte populaire laisse entrevoir sa sagesse et sa renommée à travers son enseignement de maître d’arts martiaux:

Le conte du Todé san yushi ・ Titre : Les trois valeureux combattant de todé ・ 唐手三勇士– (Date de création inconnue)
Un combattant de tode réputé dénommé  Oshima kurū大島クルウ, vivait dans l’île de Oshima (奄美大島?) ne trouvant plus d’adversaires à son niveau ,il décida de tenter la traversée en direction de la grande île de Kuyshu 九州 et plus précisément sur le territoire du clan de satsuma 薩摩藩. Il y livrât de nombreux combats et les gagna haut la main. Déçu par le niveau technique martial des hommes de la contrée, il décida alors de prendre un bateau de liaison 便船 et de relier l’île d’Okinawa 沖縄本島 du royaume des Ryūkyū 琉球王国. Ayant débarqué il recommença à chercher un adversaire digne de ce nom . Hélas aucun des combattants qu’il affronta lors de sa quête, n’avait un niveau suffisamment élevé pour rivaliser avec lui. C’est alors qu’il entendit parler d’un fonctionnaire « de police » possédant un bagage technique impressionnant en matière de combat à main nue. Sachant que ce dernier ne se livrerait pas à un combat singulier, Oshima kurū大島クルウ décida de lui forcer la main en devenant voleur.
La nuit venue il se mit à commettre des méfaits au coeur même de la ville de Naha 那覇市 et agit de même toutes les nuits suivantes. Au bout de quelques jours, son plan finit par se réaliser, alerté par le nombre important de délits, le fonctionnaire se rendit sur place mais ne répondit pas aux provocations d’Oshima kurū大島クルウ .
—  C’est à ce moment que rentre en jeu le dénommé Todé Sakugawa 唐手佐久川 . Todé Sakugawa 唐手佐久川 vivait au royaume des Ryukyu 琉球王国. Sa renommée s’étendait dans tout le royaume et de nombreux jeunes nobles se précipitaient pour recevoir son enseignement . Parmi les disciples de longue date; trois particulièrement étaient connus pour être de remarquables combattants; Okuda, Makabé et Matsumoto.
Okuda avait une morphologie impressionnante , une montagne de muscle de 1m80 possédant une force prodigieuse, il était capable de tuer un taureau d’un coup de poing sur la nuque. Makabé était de petite taille mais d’une souplesse légendaire et sa vitesse d’exécution de coups était impressionnante et ses sauts encore plus sensationnels.
Matsumoto quant à lui n’était ni spécialement grand, ni spécialement petit, il ne possédait ni de musculature impressionnant , ni de vitesse de frappe supérieure à la moyenne des combattants. Il était simplement  persévérant, assidu et avait le sens du combat.
Sur les indications du fonctionnaire de police; Todé Sakugawa 唐手佐久川 suivit de ses trois élèves; Okuda, Makabe et Matsumoto. se rendit à Naha 那覇市 où sévissait Oshima kurū大島クルウ . Pensant être arrivé trop tôt , Todé Sakugawa décide de patienter dans une auberge. Au moment d’ouvrir la porte il voit sortir de l’établissement une sorte de colosse très calme portant sur l’épaule le butin qu’il venait de dérober. Todé Sakugawa l’interpella en ces mots  » tu m’as l’air d’être le voleur que nous recherchons tu n’as pas de chance, tu vas mordre la poussière d’Okinawa » . À ces mots Oshima kurū大島クルウ éclata de rire et répondit  » tu peux toujours essayer  » joignant la parole à l’action il laissa choir son butin et prit une posture de combat.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com
Okuda la montagne de muscle de 1m80 fut le premier à relever le défi; les deux géants se firent face, puis en une fraction de seconde le combat s’engagea. Aucun des coups d’Okuda ne réussit à atteindre Oshima kurū par contre il n’en fallut qu’un seul de ce dernier pour envoyer Okuda au tapis.
Voyant cela le deuxième disciple de Todé Sakugawa; Makabé se prépara au combat , la souplesse et la vitesse d’exécution de ses frappes et ses sauts prodigieux ne purent le protéger de la défaite qui fut également très rapide. Ne resta plus que le troisième disciple; Matsumoto . Les deux autres se relevant à peine de la défaite et du k.o. qu’ils venaient de subir se dirent que : s’y eux n’y étaient pas arrivés ce n’est pas le pauvre Matsumoto qui pourrait y arriver tellement ils avaient l’habitude de prendre le dessus sur lui lors de entraînements. À quoi leur maître leur répondit » ne vous inquiétez pas pour Matsumoto « . très calmement Matsumoto se mit en position d’attaque et le combat commença. alors que la défaite des deux autres s’était effectuée en quelques secondes le combat entre Matsumoto et Oshima kurū s’éternisa. Maîtrisant la distance avec perfection Matsumoto épuisait le grand Oshima kurū. qui finit littéralement sur les genoux. Stupéfait, ce dernier reconnu sa défaite et s’exclama en ces mots  » je n’ai encore jamais rencontré un pratiquant d’un tel niveau ! Le maître Todé Sakugawa sans rien laisser paraître avait depuis fort longtemps reconnu les qualités de combattant de Matsumoto. Par la suite il lui transmit ses techniques les plus secrètes Ainsi s’arrête le texte du conte. La morale de l’histoire est laissée aux soins du lecteur. Source : Nangoku Okinawa mukashi Banashi/ 南国沖縄の昔 話/ 金城唯仁著/1980 / Traduction: Christian Faurillon ©.

Selon un de ses descendants qui avait entrepris, dans les années trente , des recherches en Chine pour retrouver le lieu exact de sa sépulture ; sa tombe se trouverait à Pékin  dans un cimetière pour les étrangers 北京の外蛮墓地 . Cette information n’a jusqu’à maintenant  jamais été confirmée.  S’agit il du 北京张家湾琉球人墓地 ? où bien d’un autre cimetière ? . Les vestiges en Chine中国 de tombes concernant des Ryūkyūïens sont nombreux ; les recherches restent ouvertes. La probabilité  que Sakugawa Ganka 佐久川 寛賀soit décédé en Chine est importante mais les dates avancées de son décès sont trop imprécises pour pouvoir en définir l’année  avec précision.  Une chose est sûre , c’est que sur l’île Okinawa même,  aucun lieu de sépulture ou d’indices matériels de sépulture le concernant, n’ont à ce jour été retrouvés ( du moins à ma connaissance)

* Suite à une entrevue (12 mai 2018) avec le maître Nakamoto  中本政博先生 (descendant du maître Sakugawa Ganka par lignée maternelle); le maître m’a affirmé que les cendres de Sakugawa Ganka 佐久川 寛賀 se trouveraient à Shuri 首里 même ou une stèle mémorielle sera érigée en 2018 sur les lieux où se trouve l’urne funéraire.

 

Il n’existe pas de portrait de Sakugawa Ganka 佐久川 寛賀 alias Todé Sakugawa 唐手佐久川. Un document iconographique de son petit fils: 佐久川寛仼  (ou arrière petit fils (?) est souvent pris par erreur pour être un portrait de lui . Ce document est largement diffusé sur le net en tant que tel, amplifiant ainsi l’erreur. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

voici le portrait incriminé :

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Fig.0235. 佐久川寛仼 petit fils de Sakugawa Ganka 佐久川 寛賀  (ou arrière petit fils (?) dans tous les cas,  il s’agit non pas du maître mais d’un « descendant direct 直孫 « )

Les principaux élèves de Sakugawa Ganka 佐久川 寛賀 dont l’histoire a conservé le nom :
Matsumura Sōkon松村宗棍  (1809-1899, 1809-1896, 1800-1890, 1798-1890 ?)
Makabe chōken 真壁朝顕  (1769-1824 , 1769-1825)   (真壁親雲上朝顕)
Ukuda Yūkiko 宇久田 之子(?)
Matsumoto Chikudōn Péchan 松本 筑登之親雲上 — Matsumoto 松本 suivi du titre aristocratique » Chikudōn Péchan 筑登之親雲上 »
Chinen Chikudōn Péchan 知念筑登之親雲上 — Chinen 知念 suivi du titre aristocratique « Chikudōn Péchan 筑登之親雲上 »
Machu Higa マーチュ比嘉 (1790-1870)
Sakuma 佐久間
Asatō ? 安里周当

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Nom de famille: Matsumura 松村. Prénom : Sōkon 宗棍

Date de naissance et de décès; plusieurs dates s’affrontent. Ces dates sont les suivantes :  1809-1899, 1809-1896, 1800-1890, 1798-1890. La date la plus probable semble celle de 1809-1899.

Lieu de naissance : Village de Yamakawa à Shuri 首里山川村 Actuellement un quartier de Naha 那覇市首里山川町.

Surnom : Bushi Matsumura 武士松村  » Matsumura le guerrier  »

Non chinois:  wǔ chéng dá  武成達

Matsumura 松村親雲上 est né dans une famille noble de Shuri, et à ce titre en a reçu l’éducation. Il est le fils cadet d’un noble (Kayō  嘉陽親雲上宗勝 1714-1777 ) Bien que du sang royal coulait dans ses veines王家尚氏の血筋を引く il n’avait somme toute, qu’une position intermédiaire à la cour .

Matsumura 松村 a commencé à étudié le todé 唐手 vers l’âge de 8 ans.  Cela n’a en soi rien d’exceptionnel; les petits nobles « Aji 按司  » commençaient à étudier les arts martiaux et  littéraires vers leur 7 ans.

D’après la tradition orale 口碑, il aurait été un des derniers élèves de Sakugawa Ganga 佐久川寛賀 . on ne peut confirmer ou infirmer cette tradition étant donné que nous ne possédons pas avec certitudes les dates exactes de naissances et décès de Sakugawa 佐久川 et Matsumura 松村. Si cela a bien été le cas, et en jouant sur les dates : à l’époque de leur rencontre, l’un devait être un enfant et l’autre un vieillard . Un autre de ses maîtres aurait été un Chinois 中国人 (? ) ayant fait naufrage et qui se serait retrouver en attente de rapatriement, au village de Tomari 泊村 où un camp de rétention existait. Ce chinois, lui aurait appris des rudiments de boxe chinoise 中国拳法 / 武术.

Après avoir terminé ses études, il a été nommé fonctionaire 役人 à Satsuma 薩摩 (Japon 日本) où il aurait étudié le style « JIgen 示現流 » sous la présence du maître japonais  » Ijuuin Yashichirō 伊集院弥七郎 » . Le style JIgen 示現流 , est un style de Sabre comportant des enchaînements de jujitsu 古流剣術 au cas où le combattant se serait trouvé désarmé au cours du combat. Il est intéressant de signaler que l’enseignement de ce style traditionnel, était limité aux hommes du fief de Satsuma 薩摩藩. Il était formellement interdit de l’enseigner à une personne extérieure au clan . Matsumura 松村 devait être tenu en haute estime pour ainsi avoir eu accès à non seulement,  toutes les techniques de l’école mais également au droit de transmission avec le titre officiel du  » Menkyo iden 免許皆伝 » L’épisode japonais, faisant de lui, non seulement un maître de todé 唐手.mais également un maître de sabre japonais 剣術. Cette influence japonaise se fera ressentir dans le style Shorin 少林流 et plus tard et plus précisément dans le style Motobu 本部流.
Épisode qui fait se poser la question de la portée réelle de l’interdiction des armes imposée aux sujets des Ryūkyū 琉球 par le clan de Satsuma 薩摩藩 (Voir le chapitre: le jalon de l’interdiction des armes partie1)

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Fig.0240- Calligraphie de Matsumura Sōkon 松村 宗棍 préservée par son élève  Kuwaé Yoshimasa 桑江良正. Il a peint cette calligraphie à l’âge de 76 ans (Format: 106.5cm x 30.5cm).

☒ —   「人、常に敬恭なれば、則ち心は常に光明なり」 « Que l’homme s’imprègne du sentiment de respect et de gratitude, et tout naturellement son esprit et son coeur resplendiront «   Traduction : © Christian Faurillon. — ☒ karatehistorique.wordpress.com

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Ci-dessous un des rares documents signé de la main de Matsumura Sōkon 松村 宗棍 : 

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Fig. 0262 –   Matsumura 松村 Sōkon 宗棍 : Bujitsu keiko no gi 武術稽古の儀 – ↑ L’image représente deux des sept feuillets de l’ouvrage (qui sont eux mêmes des copies d’un rouleau parchemin).

Traduction intégrale des sept feuillets de l’ouvrage  ¤ Bujitsu Keiko No Gi ¤ (Ouvrage plus connu sous  l’appellation de « Matsumura Sōkon Ikun  松村宗棍遺訓  » ou   « Matsumura Buchō Ikun 松村武長遺訓 ») :

ξ Matsumura 松村 Sōkon 宗棍 : Titre : « Valeurs intrinsèques de la pratique des arts martiaux 「Bujitsu Keiko No Gi   武術稽古の儀」  » 

「武術稽古之其味を知らすんはあるへからす依て覚悟之程申し喩候間得と吟味可致候さて文武之道同一理也文武共其道三ツ有文道ニ三ツと申ハ詞章之学訓詁之学儒者之学と申候詞章之」
Comprendre le sens de l’entraînement aux arts martiaux 武術稽古之其味 est capital. Il faut se tenir prêt à recevoir cet enseignement , l’étudier et l’appliquer. La voie martiale et la voie des études littéraires sont en quelque sorte, identiques. Ces deux voies possèdent, a priori, trois directions convergentes文武共其道三ツ有. Ces trois directions convergentes sont les suivantes : la première est celle de la prose 詞章之学, la deuxième celle de l’exégèse 訓詁之学 et la troisième celle du corpus textuel confucianiste 儒者之学. フォーリヨン クリスチャン

「学と申ハ但語言を綴緝文辞を造作して科名爵録之計を求め候迄ニ而訓詁之学者経書之義理を見究ミ人を教る而巳之心得ニ而道に通事入精不申候右之両学者只文芸之挙を得候迄ニ而正當之学問与ハ 難申候儒者之学者」      Quand je parle « d’étude 学 » dans le sens large du mot, c’est dans le sens de « rassembler des mots, voire des phrases » ;les classer ou bien encore remplir des livres de compte à l’infini…Ceci est également valable pour le travail de l’exégèse 訓詁の学  qui concerne les Quatre livres et Cinq classiques 四書五経 (ouvrage majeur du confucianisme) Ce travail demande bien sûr,  l’effort de rechercher l’idéal philosophique et moral pour l’application d’une justice équitable, puis il faut ensuite  encore beaucoup de volonté et de patiente pour le transmettre à des disciples. mais dans ce cas et les autres énoncés ci-dessus,   » l’esprit 精 » avec un grand  » E  » ,  est complètement superflu et au final, bien que ces trois voies littéraires paraissent différentes, elles  sont en fait tout à fait identiques.  Elles ne sont pas la « Vraie Voie » elles sont factices.

「道に通て物を格知を致意を誠ニし心を正し推て以て家を斉国を治天下を平にするニ至り是正当之学問ニ而儒者学之候武道ニ三ツとハ学士之武芸名目之武芸武道之武芸有り学士之 武芸ハ」 Pratiquer la Voie 道に通じて c’est, parfaire ses connaissances , rechercher la vérité , avoir le cœur limpide, travailler à la prospérité de sa famille , aider son pays, participer à l’amélioration de la société.  La Voie c’est cela.  Et ces propos sont les propos de ceux qui étudient la voie et la pratiquent avec ferveur. Comme pour les voies littéraires, Il y a également trois sortes de voie du guerrier : celle des diplômés en art guerrier 学士之武芸 , celle, superficielle qui se veut guerrière mais qui n’en porte que le nom 名目之武芸 et puis la seule, celle, des arts martiaux 武道之武芸….Celle des diplômés… en fin de compte , a t-elle une valeur…

「頭ニ稽古之仕様相替り成熟之心入薄手数計相習躍之様ニ而戦守之法不罷成婦人同人ニ而候名目之武芸は実行無之方ゝ致去来勝事計申致争論或人を害し身を傷び依事は親兄ニ茂恥辱を懸候武道 之武芸ハ不致放心 」 Au début quand on commence l’entraînement martial , tout est nouveau, tout est neuf. On pratique le cœur léger, du bout des mains, des doigts, on dirait de la danse. On est alors bien loin de pratiquer un art martial à la défense inexpugnable. On dirait des mouvements féminins, de l’art pour l’art 「名目之武芸」 , une pirouette à droite, une pirouette à gauche. On se met à critiquer, à juger, à blesser en parole , à se blesser moralement soi même , et finalement à attirer la honte sur ses proches et sa famille.  La Voie des arts martiaux 「武道之武芸」  elle, elle ne laisse jamais place à l’égarement.

「工夫を以致成熟己か心を治て敵人之乱を待己か静を以敵の悴を待敵之心を奪て相勝候成熟相募候ハゝ妙微相発し万事相出来候共撓惑もなし乱悴もなし忠孝之場におゐて猛虎の威勢鳥の早め自然と発 して如何成敵人も打修候夫武ハ暴を」   Grâce aux efforts et en s’adaptant, on mûrit on apprend à se contrôler, à attendre sereinement l’attaque de l’ennemi . Grâce à la sérénité on contrôle son esprit et on vainc. Plus on avance sur la voie et plus on devient imperméable, à la peur, à l’angoisse, aux flottements de l’esprit. Dans n’importe quelle situation on reste prêt à faire face avec l’énergie de la bête féroce et l’acuité visuelle de l’aigle. Quelque soit son adversaire, on trouve les ressources pour le vaincre. Le BU 武 vainc le Bō 暴 »  → (Bu guerrier 武 » + « Bō violence 暴 »)

「禁兵を戢人を保功を定民を安象を和し財を豊にすと是武の七徳と申聖人も称美しられ候段書ニ相見得候されは文武之道一理にて候間学士名目之武芸ハ無用にして武道の武芸相嗜候ハゝ機を見て変に応し 以可鎮物をと存候間右の心得にて致稽古可然哉存寄も候ハゝ無腹蔵申聞」 Devenir un soldat de la paix , préserver la  vie  humaine , rassurer les gens, la population,  rechercher l’harmonie ;la voilà, la Vraie Voie !, celle des « sept valeurs militaires 是武の七徳 » assurant la paix et la prospérité ; valeurs énoncées de la tradition comme celles étant le joyau de la sainteté 春秋左氏伝 →抗争・軍事に関する七つの徳。武力行使を禁じ、武器をしまい、大国を保全し、君主の功業を固め、人民の生活を安定させ、大衆を仲良くさせ、経済を繁栄させる. Oui, c’est cela la voie, celle prônée dans ces écrits. La seule possible, c’est celle des arts martiaux 文武之道. Cette voie n’est ni la voie des « diplômés 学士之武芸  » ni celle sans substance qui n’en porte de fait que le nom 名目之武芸.   Si vous recherchez la vraie voie 文武之道, si vous observez les raisons profondes qui régissent le monde, si vous arrivez à en distinguer les contours, si vous en êtes conscient et les prenez en compte en vous entraînant,  alors, vous sortirez vainqueurs de n’importe quelle épreuves que la vie nous réserve. Et cela, je vous le souhaite du fond du cœur.

Signé: Maître d’armes Matsumura 松村武長. Le 13 mai XXXX ? (19e siècle) dédié à mon élève 桑江 ( Kuwaé Yoshimasa 桑江良正)   ξ   /  Traduction : © Christian Faurillon

 

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Fig. 0263 -Cliquer sur l’image pour découvrir les sept feuillets du Bujitsu keiko no gi 武術稽古の儀  ↑

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C’est vers l’âge de 17 ans que Kuwae Yoshimasa 桑江良正 rencontre Matsumura Sōkon pour la première fois . Kuwaé 桑江良正 désirait accéder à l’enseignement dispensé par Matsumura 松村 宗棍. Pour ce faire, le maître le mit à l’épreuve. Une fois il le fit appeler en plein nuit, une autre fois à deux heures du matin, puis une autre nuit à trois heures et ainsi de suite. En l’appelant ainsi à des heures impossibles, il observait si Kuwaé 桑江良正 était vraiment apte à suivre son enseignement. Après quelques semaines de ce régime, Kuwae 桑江良正 persuada son maître qu’il était à la hauteur. Par la suite Kuwaé Yoshimasa 桑江良正 deviendra un homme de protection de la garde rapprochée du suzerain des Ryūkyū; il avait été à bonne école.

Une autre tradition orale dit que Matsumura Sōkon  松村宗棍 aurait été étudié en Chine 中国 à Pékin 北京et qu’il aurait fait le voyage en compagnie de Sakukawa Ganka 佐久川寛賀 vers l’année 1836 天保 7年 、sans que cette tradition orale ne soit corroborée par un texte formel. La tradition orale, va même plus loin car elle prétend que c’est lui qui aurait ramené les cendres de Sakukawa Ganka décédé lors de ce dernier voyage. Difficile d’y adhérer mais la possibilité n’est pas nulle. Généralement les cendres des Ryūkyūïens décédés en Chine étaient enterrés sur place 琉球人墓地. De nombreuses tombes , vestiges de ce passé, sont là pour en témoigner. Comme beaucoup d’étudiants; il profita de son séjour pour étudier la boxe chinoise 中国拳法. La langue n’était pas une frontière, il parlait couramment le chinois 中国語 comme d’ailleurs tous les étudiants Ryūkyūïens ayant fait de hautes études. Les cours à l’université étaient en cette langue. Sa langue natale était le ryūkyūïen ウチナーグチ ・沖縄方言 (dialecte incompréhensible pour les Japonais) , il parlait également le japonais 日本語 ;ce qui faisait de lui un trilingue comme la plupart des fonctionnaires de son rang. Et comme eux portait deux noms… un Japonais et l’autre chinois 唐名は武成達 (de quoi si perdre encore un peu plus…) Les étudiants Ryūkyūîens étudiaient les clasiques chinois tels les   » les Quatre livres  Sìshū 四書   »   ou encore les    » Cinq textes Classiques 五経 Gokyo » tous ouvrages majeurs de Confucius   »

Études  jumelles :  littéraires et martiales  » Bubu ryōdō 文武両道 » 

À l’époque, il est peut être un des rares Ryūkyūïens à avoir pu étudier directement,  la boxe chinoise 中国拳法 en Chine et le kenjutsu 剣術 et jujutsu 柔術 au Japon.

Il portait le titre aristocratique de » chikudōn Péchan 筑登之親雲上 » Ce titre semble avoir changer plus tard quand il a pris de l’avancement  en tant que fonctionnaire royal mais les avis divergent sur le titre exact. Bien que sa position sociale n’était pas négligeable, il n’a jamais pu devenir un noble-fonctionnaire de rang supérieur.

La femme de Matsumura 松村の妻 connue sous son nom de jeune fille « Yonamine Tsuru 与那嶺ツル » aurait été également une pratiquante de haut niveau , descendante 女流 d’une famille de karatéka 空手家 (Todéka pour l’époque 唐手家).

Par la suite Matsumura 松村 deviendra le « chef de la sécurité du palais 要人警護職 « (appellation approximative étant donné que le titre officiel 「御側守役?」 ne fait pas l’accord entre les historiens pour la bonne raison qu’il n’existe pas sous cette forme ) Emploi qu’il exercera sous le règne de trois rois : Shōkō 代尚灝王 1787-1834、Shōiku 代尚育王 1813-1847 et Shōtai 代尚泰王 1843- 1901 dernier roi des Ryūkyū .

La tradition insiste sur le fait qu’il aurait continué d’enseigner le todé 唐手 jusqu’à son décès survenu à l’âge de 90, 91 ans. Il aurait donné quelques cours dans le Uchyayadoun « Pavillon du thé 御茶屋御殿/御茶屋 qui se trouve à Shuri 首里崎山. ( Voir le chapitre : Shuri plus qu’une ville royale un sanctuaire )

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Fig.0239- ↑ La tombe de Matsumura Sōkon  松村宗棍先生の墓 . On peut découvrir les détails et l’emplacement en cliquant sur le lien suivant : Les tombes de trois grands maîtres de Karaté du cimetière Makabi.

Les principaux élèves de Sōkon Matsumura 松村 宗棍 dont l’histoire a conservé le nom:

安里安恒 Asatō Ankō  (1827-1903,   1828-1906, 1829-1909)  (安里親雲上安恒)
糸洲安恒 Itosu Ankō  (1831-1915)
知花朝章 Chibana Chyōchō  (1847-1929, 1839-1919)
伊志嶺某 Itarashiki (?)
多和田眞睦 Tawata Shinboku  (1814-1884)
本部朝勇 Motobu Chōyū  (1857-1928)
本部朝基 Motobu Chōki  (1870-1944)
屋部憲通 Yabu Kentsu  (1866-1937)
喜屋武朝徳 Kyan Chōtoku ( 1870-1945)
喜屋武朝扶 Kyan Chōtosuke  (1835-1889)   (喜屋武親雲上朝扶)
桑江良正 Kuwae Yoshimasa  (1814-1880, 1858-1920)
義村朝義 Yoshimura Chōgi (1866-1945)
ナビータンメー Matsumura Nabi Tanme (松村ナビータンメー?) Fils ainé de Sōkon Matsumura 松村 宗棍. 1890,1-1982 —dates certainement erronées étant donné l’âge qu’aurait eu le père au moment de la naissance présumée du fils…(?)

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À l’intention des visiteurs indélicats. 
Les articles de ce blog n’ont pas vocation à être la cible de pillages numériques intempestifs et de copié-collés sauvages.  
Vous pouvez bien évidement vous inspirer des contenus, vous y référer même, sans pour autant vous adonner aux pillages du travail exposé sur ces modestes pages.
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L’histoire du karaté Okinawaïen  沖縄空手の歴史 Christian Faurillon -フォーリヨン・クリスチャン ©2015

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