Les hommes de la tradition 4

Haute de page : Higaonna Kanryō  東恩納 寛量.  Bas de page : Yoshimura Chōgi  義村朝義  

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Nom : Higaonna 東恩納 — フィジャウンナ カンヌーロー/ Higaonna est la prononciation en Okinawien (琉球语) en Japonais cela donne : Higashi-onn-a. Parallelement, il possédait un nom chinois : Shèn shàn xī  慎善熙 Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Prénom : Kanryō 寛量

Date de naissance et de décès : 17 avril 1853 – 10 mars 1915 ou 15 décembre 1917(?)

Lieu de naissance : Nishimura 西村 à Naha 那覇→ Actuellement : Nahashi Nishi 那覇市西

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Fig.0296- Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 avec sa petite fille.

Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 surnommé le « père du Naha-té »  (courant de Naha 那覇手, le Naha-té )

Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 est né dans une famille de marchands. Son père faisait commerce de bois de chauffage 薪売り商人. À l’aide d’un bateau à voile dit Yambaru-sen やんばる船 il transportait des cargaisons chargées depuis les ports situés dans le nord boisé de l’île d’Okinawa (le Yambaru やんばる山原 — Cliquer ici pour découvrir la photo du Yambaru )  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Le bois était débité sur place puis acheminé jusqu’à l’archipel de Kerama 慶良間諸島 . Archipel qui se trouve à quelques encablure du port de Naha 那覇港. Le bois entreposé à Kerama 慶良間 était 薪 ensuite transporté jusqu’au port de naha 那覇港(embouchure de la rivière kokubakawa 国場川 ) puis enfin jusqu’à la boutique (travail certainement effectué à dos de cheval) . Certaines sources occidentales soulignent  » qu’il était batelier » mais ce terme n’est pas correcte étant donné que le transport était effectué du nord de l’île dit le « Yambaru 山原・やんばる  » au centre dit  » Chubu 中部 » par voie maritime et non par voie fluviale ( pour la bonne raison qu’il n’existe pas de fleuve à Okinawa). La boutique et le domicile de Higaonna 東恩納 se trouvaient à Nhishimura 西村 quartier attenant au port de Naha ( comme indiqué plus haut) .

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Fig.0418 –  Bateau Yambaru やんばる船 dans le port de Naha et cargaison de bois déchargée sur les quais.

Fig.0640 – Jonques amarées dans port de Naha 那覇港 fin du 19e siècle

À noter: Les bateaux Yambaru-sen やんばる船 possédaient deux mats 二本 帆柱 drapés de voiles blanches 白い帆 ; et transportaient : à l’aller (Pour ce qui concerne notre cas : du port de Naha à un des différents ports de la région boisée du nord de l’île ) des objets du quotidien ; marmites, poteries et denrées alimentaires. Et au retour : du bois de chauffage 薪炭, du bois de charpente 木材 ou bien encore du bambou 山原竹, 竹 ガヤ. La taille des bateaux ne permettait pas toujours l’accostage direct. des barques étaient alors utilisées pour transborder les marchandises. Le bois était plus utilisé pour les fourneaux de cuisine que pour le chauffage proprement dit. Le climat en hiver étant doux. La période où on sent vraiment le besoin de chauffer est assez courte et étant donné le prix élevé de ce combustible naturel, seules les familles les plus aisées pouvaient se le permettre. Plus que le prix du bois le coûts du débitage et surtout celui du transport revenaient forts cher. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

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Fig.0295 –  Bateau Yambaru やんばる船 dans le port de Naha -Photo datant du début du 20e siècle.

Bien qu’issu d’une famille nombreuse (10 frères et sœurs) Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 n’a pas connu la misère, ce qui laisse penser que le commerce familial était prospère. Dès ses 9, 10 ans il aurait aidé ses parents dans les travaux courants et également pour le commerce. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Bien que simple roturier 平民, sa famille semblerait descendre de la petit noblesse 士族・慎氏の支流(分家), qui serait retournée à la roture pour subsister ( À ce sujet, voir l’article de la page « Le kobudō une origine plurielle comme ses armes« )

C’est en 1873 qu’il aurait eu accès (tradition orale) à l’enseignement du maître Aragaki Seishō 新垣世璋(1840-1920) surnommé : « Aragaki le Chat  » → « Maya Aragaki /猫/マヤー/新垣. Aragaki 新垣 Exerçait la fonction officielle de traducteur 通事/通訳 okinawaïen-chinois . Quelques historiens mettent en doute cette version étant donné que Aragaki Seishō 新垣世璋 serait un noble originaire de Kumé 久米. Par tradition, les nobles n’enseignaient qu’aux nobles (quoi qu’une autre source le dit non pas originaire de Kumé 久米 ? mais de Naha quartier de Wakasa 那覇東若狭町)  . Les racines nobiliaires de Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 auraient-elles jouées en sa faveur ?. Toujours d’après la source orale; le maître Aragaki Seijo 新垣世璋 se fournissait en bois auprès du père de Kanryō 寛量 東恩納 c’est lors d’une des livraisons qu’ils auraient fait connaissance. Aragaki 新垣 se serait pris d’amitié pour lui et lui aurait enseigné l’art du todé 唐手 pendant environ trois ans. Fait troublant; le todé 唐手pratiqué par Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 semblerait sans grand rapport avec celui que l’on prête à Arakai Seishō 新垣世璋 ?  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Malgré toutes ces imprécisions historiques, tous les historiens tombent d’accord sur le fait que Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 aurait étudié, si ce n’est depuis son plus jeune âge, du moins pendant sa jeunesse le todé 唐手mais personne ne peut dire en fait, sous la direction de quel maître.

Le parcours de Higaonna est des plus difficile à retracer du fait de grandes zones d’ombre, de filiations fantaisistes et d’approximations orales dont il est parsemé. Les disciples de Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 ont au sujet du maître laissés quelques anecdotes mais les divergences, parfois notables et portant sur les lieux, les dates et, il faut bien le dire aussi, sur le contenu, sont trop importantes pour pouvoir se risquer à les prendre au pied de la lettre.

1877 est l’année où Higaonna 東恩納 aurait effectué la traversé pour rejoindre la Chine 中国 ( source maître 宮里栄一 ) ( le maître Nagamine Shōshin 長嶺将真説 penche pour l’année 1873 ) certain affirme que c’est pour étudier le kempo chinois 拳法修行 , d’autre plus prosaïquement pour y chercher du travail 出稼ぎ ou pour y vendre du bois 薪売り ou bien encore des médicaments 薬売り Une autre version souligne qu’il aurait été employé par une famille de noble Okinawaïen résidant en Chine ( source: Yoshimura Chōgi 義村朝明) . Noter que ces possibilités ne sont pas antagonistes et peuvent s’étaler dans le temps. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Une fois en Chine 中国 dans la province du Fujian 福建省, Higaonna 東恩納 aurait bénéficié de l’enseignement des arts martiaux chinois 中国武術 par un dénommé « Lū Lū Kō ルールーコウ « (?) ou « Tōl Kō トゥルーコウ  » (?)  — Deux sources différentes donnent le nom avec des pictogrammes mais elle ne s’accordent pas sur les mêmes caratères pour l’orthographier (?) et la prononciation chinoise ne semble pas correspondre (?); je les donne pour information : № 1 → Lū Lū Kō 劉良興 (宮里栄一説) Prononciation chinoise : líu liáng xīng et № 2 → Lū Lū Kō 劉龍公 (劉衛流説)Prononciation chinoise : líu lóng gōng. —

La version du maître Asatō Ankō 安里安恒 parle quant à elle , d’un dénommé « Wai shin Zan (Wang  Zhenshan ?) ワイシンザン » (?) Les historiens qui ont essayé de retrouver, des traces de ses maîtres Chinois, directement , sur place, en Chine, s’y sont cassés les dents. Les noms décrits plus haut et transmis oralement, donc phonétiquement; ne correspondent pas à des noms usités en Chine. Quelques fois le nom de « Líulìugē 劉六哥  (líu 刘/劉   lìu 六 gē哥)  voire :  Lǔlìugē 魯六哥  ( lǔ  鲁/ 魯  lìu 六 gē哥) (1852-1930)  » est cité comme étant en fait le véritable nom de Lū Lū Kō mais aucune preuve n’est là pour le confirmer.

À savoir: le nom de « Lū Lū Kō ルールーコウ « (?) ou « Tōl Kō トゥルーコウ  » (?)  » (on laisse parfois entendre qu’il s’agirait d’un surnom) est historiquement inconnu en Chine.  Comme indiqué plus haut, la phonétique du nom transmis en japonais ne peut avoir pour source des origines chinoises. Cette constatation pose un sérieux problème pour tout ce qui touche à l’authenticité du maître chinois et au récit de l’ épopée chinoise de Higaonna 東恩納 . Cela tant que les véritables caractères chinois 漢字employés pour écrire le nom de « Lū Lū Kō ou Tōl Kō  » ne seront pas  authentifiés avec certitude.

Les débuts chinois de Higaonna 東恩納 auraient été difficiles; du fait de la non maîtrise de la langue 中国語. De surcroît, les entraînements de quatre à cinq heures, étaient passablement rébarbatifs et uniquement axés sur la pratique de la respiration 呼吸法 . C’est sous la pression d’un facteur extérieur que la situation évoluera : une importante crue ravage une partie de la province; le domicile du maître Lū Lū Kō ルールーコウ « (?) ou « Tōl Kō トゥルーコウ  » (?) se trouve cerné par les eaux  avant d’être sérieusement endommagé. Higaonna 東恩納 dans un acte héroïque aurait eu le temps de sauver plusieurs membres de la famille du maître. Celui lui étant reconnaissant lui aurait alors permis d’accéder au fondement même de son art . Par la suite il lui aurait accordé le titre de « Shi-han-dai 師範代 » ( position la plus élevée après le maître) Quelques historiens mettent carrément en doute le fait que Higaonna 東恩納 aurait reçu le titre de « Shi-han-dai 師範代 ». Ils se basent sur le fait que; pour obtenir se titre il faut selon la tradition chinoise de l’époque 中国武術 , posséder la maîtrise de toutes les armes qui s’y rapportent 武器術. Hors le maître Higaonna 東恩納 n’avait pas de connaissances spécifiques en ce domaine.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Nous ne connaissons pas la durée exacte de son séjour en Chine; Les historiens et les anciens disciples de Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 ne s’accordent pas sur cette dernière

1 ans et 4 mois : selon les recherches de Tokashiki Iken 渡嘉敷唯賢

3 ans : selon Miyagi Chōjun 宮城長順、 Higa Yuchoku比嘉佑直、Chibana Shōshin 知花朝信 et le petit fils de Higaonna Kanryō 寛量 東恩納.

15 ans : selon Nagamine Shōshin 長嶺将真 Et cela sans compter les versions où les chiffres suivants sont avancés : 8, 10,16 voire 30 ans (Noguchi Masakichi 渡口政吉). Selon certaines versions (?) il aurait effectué plusieurs voyages successif en Chine 中国 mais aucune trace n’accrédite cette affirmation.  karatehistorique.wordpress.com 

De son (ou de ses ) séjour en Chine; Higaonna 寛量 aurait ramené une copie châtiée du livre qui prendra le nom de  » l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 » → un manuel philosophique et techniques de la boxe du sud 南派拳法の教本  Ouvrage parvenu jusqu’à nous et actuellement encore réédité (pour plus de precisions sur le sujet, voir la page suivante: l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志.

Ce manque de clarté sur une période de la vie de Higaonna Kanryō 寛量 東恩納  longue d’une vingtaine d’années, ne permet pas de poser des repères fiables sur  ses activités chinoises. Une fois revenu à Okinawa, il se serait mis à enseigner à domicile (mais non dans le cadre structuré et formel d’un dōjō) D’après les « dires », il aurait eu quelques temps de « vache maigre », puis en 1887 (voire 1888 ou 1889) un élève , le premier de la liste se serait présenté ( Higaonna 寛量 devait avoir vers les 35 ou 36 ans ) ;il s’agit de Yoshimura Chōgi 義村朝義(1866-1945)Nom chinois → Xiang ming tō 向明徳 Chose surprenante ; c’est un noble de haut rang de Shuri 琉球王族. reconnu pour avoir été un excellent peintre calligraphe 書道・絵画. Il est vrai que les todéka/karatéka de cette époque ne restait plus confinés dans leur; clan, secteur ou quartier pour recevoir un enseignement unique mais allait vers différents maîtres pour apprendre , non pas selon un style ( styles qui n’existaient pas encore) mais pour apprendre tel ou tel kata, de manière à enrichir leur niveau technique d’étape en étape et de maître en maître. Chaque maître avait un kata 型 propre et s’identifiait à ce kata 型 , ce dernier devenant en quelque sorte, son empreinte, sa carte de visite ( Ce qui ne veut pas dire, loin de là, qu’il n’en connaissait qu’un seul)  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Vers 1902 de nombreux élèves recherchent son enseignement dont les futurs maîtres de la génération suivant ; Kyoda Jūhatsu 許田重発 et le plus connu; Miyagi Chōjun 宮城長順.

En 1915 à l’âge de 62ans (ou 64 ?) Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 suite à un problème pulmonaire serieux 気管支喘息 rend son dernier soupir entouré des ses élèves les plus fidèles.

Les principaux élèves de Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 dont l’histoire a conservé le nom :

Yoshimura Chōgi 義村朝明

Miyagi Chōjun 宮城長順

Kyoda Jūhatsu 許田重発

Mabuni Kenwa 摩文仁賢和

Higa Seikō 比嘉世幸

Tōyama Kanken 遠山寛賢

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Nom : Yoshimura 義村 Nom chinois → 向明徳 xiàng-ming-dé.

Prénom : Chōgi 朝義

Surnom :  » Umigamé → tortue de mer 海亀 »  En dialecte d’Okinawa 沖縄方言 → Umigami ウミガーミー Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Date de naissance et de décès : 27 septembre 1866 – 14 mars 1945

Lieu de naissance : Village de Akahira 赤平村 . Adresse actuelle : Akahira-cho Shuri Naha 那覇市首里赤平町 .

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Fig.0299 Yoshimura Chōgi  義村朝義 / Probablement dans sa résidence à Osaka 大阪  /1941 (?).

Yoshimura 義村 est né dans les dernières années du royaume des Ryūkyū 琉球処分 dans une famille de la haute noblesse originaire du centre de l’île : fief de Katsuren 勝連間切の按司地頭. Par la suite la famille prendra la tête d’un fief situé dans le sud de l’île d’Okinawa (Kochinda Yaese Shimajiri 八重瀬町東風 平地) . Suite à l’interdit de 1625 promulgué pas le clan japonais de Satsuma 薩摩藩 et dont certains nom à consonance japonaise sont interdits à l’utilisation 禁字, la famille se voit obligée de changer de nom 家名 ( voir le paragraphe consacré au sujet -Page : Le jalon de l’interdiction des armes partie 2 ) . Le nom de Katsuren 勝連 est abandonné , il est remplacé par celui de Yoshimura 義村. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Présentation d’une partie de l’arbre généalogique de la famille Yoshimura 義村 (Udun) 

Première génération 一世・ Yoshimura 義村Prince 王子 Chōgi 朝宜. Régent du roi Shō On, 15e roi de la dynastie. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Deuxième génération 二世・ Yoshimura 義村noble 按司 Chōboku朝睦

Deuxième génération 二世・ Yoshimura 義村Prince王子Chōken朝顕 . Passe à la postérité comme chanteur lyric (沖縄三十六歌仙の一人)

Troisième génération 三世・ Yoshimura 義村Prince王子Chōshiō 朝章 (尚灝王六男)

Troisième génération 三世・ Yoshimura 義村noble 按司Chōmei 朝明 (奥武親方朝昇五男)

Quatrième génération 四世・ Ogi 小城按司(Yoshimura 義村)Chōshin 朝眞

Quatrième génération 四世・ Yoshimura 義村Chōgi朝義  (le personnage qui nous intéresse)

Il est deuxième fils de Yoshimura Chōmei 義村 朝明. Son père est connu pour avoir été un leader politique influent, conservateur et nippophobe 反日派.Yoshimura Chōmei 義村 朝明   luttera toute sa vie contre la politique expansionniste japonaise et pour l’indépendance de l’archipel des Ryūkyū 琉球独立陳情. En porte-à-faux et à contre courant d’une grande partie de l’élite Okinwaïenne de l’époque, allant de déboires en déboires, il finira par se réfugier à Fuzhou 福州 en Chine 中国 avec son fils aîné Chōshin 朝真. Ils y finiront leur vie l’un et l’autre sans revoir Okinawa (le père décède en 1898 et le fils aîné en 1906) . Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

La mère de Yoshimura; Makamadû 真蒲戸 était la fille aînée d’un prince de sang et possédait un lien de parenté avec la famille Motobu 本部御殿 . Motobu Chōki 本部朝基 était le cousin de Yoshimura Chōgi 義村朝義 . Ils ont tous les deux bénéficié de la même éducation basée sur l’étude des textes classiques chinois, la pratique des arts artistiques et martiaux 文武両道. Yoshimura 義村 était doué pour toutes ces disciplines; il deviendra un todéka /karatéka accomplit et un artiste confirmé. Certaines de ses oeuvres calligraphiques sont détenues par le musée de Naha 那覇市.

L’étude martiale ne se limitait pas uniquement au todé / karaté ; la pratique de l’arc 弓術, du sabre 剣術 et de l’équitation 馬術 venaient compléter la formation qu’ils reçurent .

Le tort et le drame de la vie de Yoshimura Chōgi 義村朝義 , c’ est d’être né trop tard dans un monde feutré qui était sur le point de s’effondrer. Adulte, il ne lui restera plus que la nostalgie d’une époque révolue. Son père avait payé le prix fort pour avoir essayé de s’opposer à la politique de fusion imposée par l’empire du soleil levant 大日本帝国 . Yoshimura Chōgi 義村朝義, tachera de s’en accommoder au mieux de ses intérêts.

Une enfance dorée:

C’est vers l’âge de 11 ou 12 ans qu’il commence le todé 唐手 sous la direction d’un secrétaire 会計・事務職 attaché à sa maison et dit-on âgé d’un soixantaine d’années; un dénommé Ishiminé 石嶺 (石嶺流 ). Ishiminé lui enseignera les kata 型 Naihanchi ナイファンチ et Passaï パッサイ. C’est vers l’âge de 17, 18 ans qu’ en compagnie de son frère Chōshin 朝真 et de son cousin Motobu Chōki 本部朝基 , qu’il pourra bénéficier de l’enseignement de Matsumura Sōkon 松村 宗棍. Matsumura 松村 lui enseignera, en autre : les kata 型 Sushiho 五十四歩 et Kusanku クーサンク , l’art du bâton 棒術 et celui du sabre 剣術.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

C’est entre 19 et 23 ans qu’il apprendra l’équitation 馬術 sous la direction d’un dénommé Makiya 真喜屋. Vers 22, 23 ans il prendra pour maître Higaonna Kanryō 東恩納寛量. Le domicile de Higaonna 東恩納 se trouvait à Naha 那覇市 près du port. Du fait de la distance Yoshimura 義村 ne pouvait se présenter au cours que, environ trois fois par mois. Ce qui était loin d’être pratique pour bénéficier d’un entraînement intensif. On ne sait pas qui a prit l’initiative mais Higaonna Kanryō 東恩納寛量 finira par être logé, nourri et blanchi dans l’enceinte de la demeure de Yoshimura 義村. Demeure qui se trouvait près du palais royal de Shuri 首里城. Le « déplacement professionnel » de Higaonna Kanryō 東恩納寛量 permettait à Yoshimura 義村 de suivre des enseignements réguliers qui, inutile de préciser, étaient payé à prix d’or. Les deux parties y trouvaient des avantages certains . Higaonna Kanryō 東恩納寛量 outre le fait d’une rémunération élevée y gagnait en réputation. C’est d’ailleurs à partir de cette époque que les élèves commencent à affluer au domicile de Higaonna 東恩納 à Naha 那覇市 pour y recevoir l’enseignement du maître. Avec Higaonna Kanryō 東恩納寛量 , Yoshimura 義村 a appris les kata Sanshin サンシン et Pēcchūrin (Suparinpei) ペッチウリン.Selon certaines sources orales Yoshimura 義村 aurait sponsorisé quelques uns des allers retours vers la Chine de Higaonna Kanryō 東恩納寛量.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

En 1898, il a 32 ans à la mort de son père, il devient le dépositaire légal de la famille . Quelques temps auparavant, le nouveau gouvernement des Ryūkyū 琉球政府 a supprimé la pension nobiliaire accordée à la famille Yoshimura 義村 Cette sanction faisait suite à l’exil politique du chef de famille. Les problèmes financiers ne tardent pas à faire leur apparition . N’ayant plus le choix, Il met ce qu’il reste de sa fortune dans les affaires; une maison d’importation, et se lance dans le commerce de thé chinois 中国茶. Son affaire semble avoir assez bien fonctionné. Puis En 1904 il se lance dans la fabrication et la vente des chapeaux dit  » Panama  » la mode faisant alors, fureur dans tout l’empire du soleil levant il semble avoir engrangé une petite fortune mais l’effet mode étant passé, il rate plus ou moins sa reconversion dans de nouveaux projets d’affaires. À partir de ce moment il doit faire face à une période beaucoup moins faste . On ne sait pas comment il s’en sort mais vers la fin de sa vie il s’installe à Tokyo 東京 puis à Osaka 大阪 alors centre des affaires de l’archipel nippon.  À Osaka 大阪  il consacre son temps à une vie littéraire et artistique bien remplie. la calligraphie 書道, la peinture 絵画 et la rédaction des ouvrages traitant du karaté et du luth Okinawaïen dit « sanshin » sont au centre de ses occupations.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

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Fig.0380-  Osaka 大阪 au début du siècle dernier.

En 1933, il prend le bateau à Kobé pour se rendre à Fuzhou 福州 en Chine 中国, où il récupère les cendres de son père et de son frère pour les rapatrier à Okinawa. À noter qu’il recupera à l’occasion plus de 800 ouvrages de la bibliothèque paternel.

Arrive l’année 1945; c’est lors du violent bombardement du 14 mars, effectué par les troupes américaines sur la ville d’Osaka 大阪空襲 qu’il trouve la mort au cours de sa 79e années. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

En 1979 les descendants de Yoshimura Chōgi 義村朝義 font dont d’une cinquantaine de ses œuvres au musée de la préfecture d’Okinawa 沖縄県立博物館・美術館. Une première exposition lui est consacrée en 1981. En 2009 le musée organise une exposition de groupe où quelques unes de ses œuvres sont exposées parmi d’autre œuvres d’artistes Okinawaïens.

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Fig.03001- affiche de l’exposition de 2009 / 沖縄県立博物館・美術館.  ↑ Cliquer sur l’image pour agrandir.

L’archétype du noble des Ryūkyū

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Fig.0300- Yoshimura Chōgi  義村朝義  en tenue de noble.

Comme karatéka Yoshimura Chōgi 義村朝義 n’a laissé ni trace de son passage, ni d’élèves se réclamant de son enseignement martial. Cepandant, l’histoire locale le reconnaît avec nostalgie comme l’archétype,  à jamais disparu,  du noble des Ryūkyū.

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L’histoire du karaté Okinawaïen  沖縄空手の歴史 Christian Faurillon -フォーリヨン・クリスチャン ©2015

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