La légende de Fang Qiniang et de la boxe de la grue blanche.

L’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 – partie 2 – La légende de Fāng Qiniang et de la boxe de la grue blanche.

Quelques historiens prennent soin de souligner qu’un des volets de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 comporterait des références à une légende en rapport avec l’origine de la boxe du sud ( terminologie peu précise)  ; 南方拳 / 南拳泛指中國南方 en l’occurrence la boxe de la grue blanche →   Báihèquán  →Yǒngchūn Báihèquán 永春白鹤拳. De cette constatation prennent naissances des thèses selon lesquelles, les styles du té/karaté okinawaïen 琉球空手 , qui se réclament de la boxe du sud 南方拳 auraient reçu une part importante de leur héritage martial par le biais la boxe de la grue blanche 永春白鹤拳.

Le fil de cette légende n’est pas relaté dans l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 , il y est fait allusion indirectement.  Cette allusion est principalement nourrie par la présence nominative d’une femme   : « Fāng Qi Niang 方七娘 /方七孃  » Cette femme est à la fois le personnage central de la légende et la créatrice (selon cette légende) du style de la grue blanche.

Le fait qu’une femme soit à l’origine d’un art de combat, n’est pas commun et n’a guère d’équivalent dans l’histoire des arts martiaux, voila donc une raison de plus, de s’y intéresser de plus prés.

Prospection étude et description : aux sources de la boxe de la grue blanche 永春白鹤拳 et des traces littéraires et célestes…  que l’on trouve à son sujet au coeur d’un des volets contenu dans l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 .

Comme toute légende 神話 qui se respecte un fond de réalité plus ou moins flou semble ressortir du bain céleste.

Oū cela se complique c’est que le récit qui va suivre est constitué d’un enchevêtrement de légendes et de mythes qui se croissent et s’entrecroisent tels les mails du métier à tisser de la petite tisserande chinoise que nous allons découvrir.

Je vous préviens, le sujet est assez ardu…

Pour éviter de se perde dans le méandre des mythes et légendes, j’insère le signe « croisillon # «  pour indiquer un emplacement où un nœud céleste se forme ⇒   » # fils de chaîne et fils de trame « 

La narration :

Du ciel et de la terre, du divin à l’humain ou la légende de Fāng Qīniáng 方七娘 et de la grue blanche.   Source ©karatehistorique.wordpress.com

Le « IL ÉTAIT UNE FOIS »… se situe dans le sud de la Chine, plus exactement dans la province du Fujian 福建省/福宁州,  un moine bouddhiste, ancien pratiquant d’arts martiaux du temple Shaolin (shǎo lín sì 少林寺)qui se nommait Fāng Zhǒng 方種

Ce Fāng Zhǒng 方種 s’était exilé dans la province du Fujian 福建省/福宁州 suite à la destruction (une des) du temple Shaolin  (shǎo lín sì 少林寺-1640 -1674 ?  – mont Song 嵩山 / 少室山 / Henan河南)  et du massacre impitoyable des moines qui s’en suivit.

Fig.0666-  ↑ Ancien manuscrit chinois :la légende de Fang Qiniang 方七娘 et de la grue blanche (永春)白鹤拳 Non daté /Dynastie Qing 清朝. 


L1 # fils de chaîne et fils de trame :

Selon une autre # légende cet épisode sanguinaire n’aurait laissé que cinq survivants. Ces cinq survivants se seraient disséminés dans diverses provinces de Chine et auraient ainsi donné naissance à une multitude de styles. Source ©karatehistorique.wordpress.com


Fāng Zhǒng 方種 tout en travaillant un lopin de terre et en élevant du bétail continuait de pratiquer son art mais il prenait toujours soin de le pratiquer loin des regards. Les années de quiétude se succédant, il décida de se marier à une femme du pays.

Quelques mois plus tard sa femme (nom ?) donna naissance à une ravissante petite fille qu’ils prénommèrent : Qīniáng 七娘 / 七孃 ⇒ Qī 七 niáng 娘


L2 # fils de chaîne et fils de trame :

Une autre source orale indique que cette ravissante jeune fille, Qiniang 七娘 , serait une des filles de l’empereur Chongzhen ↔ 崇禎帝 Zhu Youjian seizième et dernier empereur de la dynastie Ming. 1610-1644年) Donc d’essence céleste. 


L3 # fils de chaîne et fils de trame :

Elle serait née un 7 juillet de là le lien imprécis qui la relie à la fondation de la fête chinoise Qīxī 七夕 (乞巧节)  et japonaise Tanabata 七夕 – La septième nuit du septième mois (septième jour du calendrier lunaire ) ; La fête des étoiles et de la voie lactée 七夕 .   Quoi qu’il a encore une interférence avec une autre légende Chinoise  ⇒ 牛郎織女 / Le Bouvier et la Tisserande.  (Véga)    Suite en L4 # ↓


Avant de continuer le récit, penchons nous plus amplement sur les idéogrammes employés pour confectionner le non de la charmante jeune fille :


L4 # fils de chaîne et fils de trame :

Nom : Fāng 方

Prénom : Qīniáng 七娘 / 七孃 ce prénom est en lui même ambigu et semble avoir au minimum deux sens distincts qui donnent lieu à différentes interprétations :

№1 le premier idéogramme signifie le chiffre 7 → 七 et le deuxième « jeune fille 娘 » = « sept filles 七娘 / 七孃  »

№2 le premier idéogramme signifie le chiffre 7 →七 mais le deuxième prend le sens de  » mère » maternelle ;  =  » sept mères (femmes)  七娘 / 七孃  »  ⇒ 七娘夫人 elle serait, (ou elles seraient) la divinité protectrice , des petites filles et adolescentes  (j’usqu’à âge de 16 ans) , de la maternité, de l’union (du couple?) etc.  Un temple (七娘寺) lui est dédié dans la ville de 武汉市 Wǔhàn province du Hubei 湖北 (Chine) un autre lieu de culte se trouve dans le Sud-Ouest de l’ïle de Taiwan 台灣 –  adresse :946台灣屏東縣恆春鎮 )

Le deuxième exemple se rapporte à une autre légende; celle des 7 Divinités , les Sept Mères ou encore la « Mère sept étoiles » Ces sept étoiles sont celles de la constellation de la Grande Ourse 北斗七星. On retrouve au Japon cette légende sous une autre forme : le symbolisme des Sept Divinités du Bonheur → Shichi Fukujin 七福神  je vous rappelle que les Sept Divinités du Bonheur → Shichi Fukujin 七福神 forment un équipage composé de six divinités masculines et d’une divinité féminine.  Divinité féminine répondant au nom de « Benzaïten 弁財天 » 仏教の守護神 protectrice de : l’art, la beauté, la musique, la littérature, etc. Elle est également reconnue comme étant une puissante divinité guerrière et parfois représentée avec des armes.  Ces Sept Divinités du Bonheur → Shichi Fukujin 七福神 ont dans la mythologie japonaise une place de premier plan.  Mais chose surprenante on retrouve à Okinawa  cette légende des Sept Divinités du Bonheur →  Shichi Fukujin 七福神 littéralement,  superposée à la légende de Fāng Qiniang 方七娘.  Fāng Qiniang 方七娘 qui se retrouve de fait  « SOUS-perposée »  (ou comment le patriarcat a recouvert le matriarcat ) car devenue pratiquement invisible. Pourtant elle y est bien présente, pour ne pas dire bien vivante, comme nous le verrons un peu plus bas.

Fig.0667-  Gravure représentant les « Sept Mères 七娘夫人  » vous pouvez découvrir l’original sur le lien suivant : catalog.digitalarchives.tw  (Taïwan)

À noter : le nom de famille est aussi intéressant à étudier du fait que l’idéogramme dont il se réclame est le suivant :  → fāng ; il possède plusieurs significations selon l’accouplement avec un autre idéogramme, exp : direction (方位) , méthode (方法) etc. mais accouplé ou non, la racine garde le sens :  » en direction de »

Donc ce nom et prénom de Fāng Qi niang 方七娘 /方七孃 , pris dans le sens ésotérique du terme pourrait signifier : « aller dans la direction de la constellation de la Grande Ourse 北斗七星 » ou  « aller selon l’enseignement (la méthode) de la constellation de la Grande Ourse 北斗七星 » (des 7 étoiles de la constellation).

De là , certainement aussi cette confusion entre d’une part; le «  singulier /la jeune fille / la constellation de la Grande Ourse «  et d’autre part; le « pluriel /sept mères (femmes) / les 7 étoiles (de la constellation) » .  Pour être plus précis ; entre d’une part le contenant : la constellation,  et d’autre part le contenu : les étoiles  et de fait l’interprétation ambiguë concernant le sens à accorder au prénom  « Qīniáng 七娘  » décrit plus haut. 

■ Aparté -Il est aussi intéressant de souligner qu’une source chinoise désigne comme origine territoriale de la divinité « línshuǐ fúrén 臨水夫人 » , une déesse qui semble un des avatars de « Qīniáng / sept mères 七娘夫人comme étant située aux îles Ryû-Kyû(s) mais dans le sens ancien du terme géographique, c’est à dire dans celui qui englobait également l’ile de Taïwan 台湾. Selon l’art du feng shui風水,  línshu臨水 signifie,  : une terre hautement bénéfique「風水」の「背山臨水」- Fin de l’aparté ■

On retrouve donc ce mythe sous cette forme légèrement différente mais toujours avec ce symbolisme particulier qui se rapporte au chiffre 7 → 七  → Shichi Fukujin 七福神 → Sept Mères →  7 étoiles de la constellation de la Grande Ourse 北斗七星. 

Sur la côte Est d’Okinawa se trouve un chapelet de 7 îles. Ces îles sont censées être (selon les dires d’une chamane locale) le miroir terrestre de la Grande Ourse 北斗七星  ; Cela nous ramène directement à Qīniáng 七娘  ! Les lieux, grottes, sources sacrés, etc. sur ces îles sont souvent aussi nombreux qu’ hermétiques.  Source ©karatehistorique.wordpress.com

Quelques clichés de ces lieux sacrés (il y en a beaucoup d’autres) où se mêle, pour compliquer encore plus les choses… plusieurs religions et croyances ; taoïsme, bouddhisme , confucianisme, sans compter le plus marquant : le culte Amamiku 祖神アマミク.  

Il ne faut cependant pas trop s’étonner de cette superposition pour ne pas dire de cette « pagaille divine »  (syncrétisme ) et ne s’occuper que du fond.

Les sept îles Okinawaiennes de la côte Est  sont censées représenter les sept plus brillantes étoiles (grand chariot /septentrion) de la constellation de la Grande Ourse 北斗七星  » en dialecte local :  Nibutō-i ⇒ ニブトゥイ »  sont en partant du nord ⇒  Ikeï Jima 伊計島 , Miyagi Jima 宮城島, Henza Jima 平安座島, Hamahiga Jima 浜比嘉島, Ukibaru Jima 浮原島, Tsuken Jima 津堅島 et Kudaka Jima 久高島 

La plus sacrée et vénérée de ces îles (et de tout le royaume) est l’île de Kudaka 久高島  dont l’accès à la partie centrale, l’espace divin (クボー御嶽) ,  était formellement interdit aux hommes, seules les femmes y avaient accès.  C’est l’île la plus au Sud du groupe —- À ce sujet; les premières boussoles chinoises 指南针 étaient conçues de manière à indiquer le Sud 南 (comme l’indique leur nom → »指 pointer南 Sud针 aiguille ») .

Miroir terrestre de la constellation de la Grande Ourse ⇒ №1★α  – Dubhe 天樞 / 貪狼 / Ikeï Jima 伊計島, №2★β – Merak 天璇 / 巨門 / Miyagi Jima 宮城島 , №3 ★γ – Phecda 天璣 / 祿存/ Henza Jima 平安座島 , №4★δ – Megrez 天權 / 文曲 Hamahiga Jima 浜比嘉島, №5★ε – Alioth 玉衡 / 廉貞 / Ukibaru Jima 浮原島, №6★ζ Alcor & Mizar 開陽 / 武曲 /Tsuken Jima 津堅島 & Abu-iwaアフ岩 (アフグヮ)  et  №7★η – Alkaid 瑤光/ 破軍 / Kudaka Jima 久高島.           

                              

Fig.0683 – Reste à savoir pourquoi cette constellation de la Grande Ourse 北斗七星, avec ses sept plus brillantes étoiles, a une telle importance ? Est-ce parce qu’elle permet de trouver la polaire (Alpha Ursae Minoris / l’Étoile polaire 北極星 / 北极星) et de s’orienter la nuit ? ou bien est-ce parce qu’elle est visible quelle que soit la période de l’année ? ou bien encore, est-ce parce qu’il s’agit d’un enseignement, ou d’une technique ésotérique en rapport avec le Taoïsme 道教  ? qui se calque dessus, telle que le laisse suggérer  la Fig.0683 – 故今有北斗七星之說. (cliquer sur l’image pour l’agrandir)  

Fig.0696 -Les prêtres taoïstes priaient avec ferveur les étoiles  (雲笈七籤) représentées sous une forme humaine divinisée. De ces divinités , les sept étoiles de constellation de la Grande Ourse 北斗七星  ont une place prépondérante.    Source : karatehistorique.wordpress.com 

   De là ce fond mystico-religieux qui imprègne pratiquement tous les ouvrages philosophiques et guerriers chinois tel l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志  mais cette insertion ne répond pas, hélas, à la question… (北斗九星職位総主⇒ 雲笈七籤 +Yabuchi Jima 藪地島, Minami-Ukibaru Jima 南浮原島 – 右弼星 + 左輔星  = 九星 (二隐)    ⇒         ⇒  Le sceau des 4 永春 ⇒ 魁星(奎星)  +  le sceau des 3杓星  =  7北斗七星 -七娘 )   Je ne vais pas m’étendre plus longtemps sur le thème car il y en aurait encore pour des pages entières.  Je reviendrai sur le sujet au cours d’une autre page sur les chamanes (femmes chamanes) ⇒ Noro ノロ・ 祝女 des îles Ryū-Kyū et de leur influence mystique (probable) sur les arts martiaux locaux. 


Entourée de l’amour de ses parents Qīniáng 七娘 grandit et devient une splendide jeune fille. Pour les aider dans les taches du quotidien  (ou pour aider son père; sa mère serait décédée en lui donnant le jour ), elle se mit à 16 ans, au métier à tisser, duquel elle sortait de magnifiques étoffes.

Une si jolie jeune fille ne pouvait laisser indifférent les hommes de la région et les prétendants étaient nombreux mais son choix ne se fixait sur aucun d’eux.

Las, de la voir être continuellement importunée, son père lui enseignât les techniques de combat qu’il détenait depuis son long passage initiatique au temple Shaolin 少林寺.  Ces dernières devaient permettre à Qīniáng 七娘 de refroidir les ardeurs des plus entreprenants.   (*) Vous noterez au passage qu’il n’est nulle part question dans cette légende d’un « style ou d’un courant, originaire du Sud  » dénommé  » Shōrei-ryū 昭霊流 / 昭流/ 昭灵流   » alors que le style Shōrin 昭林流. ⇒ 少林流 (少林寺 du mont Song 嵩山 / 少室山 / Henan河南) lui, est clairement nommé, du moins sous-entendu par la narration concernant la présence de la technique du temple Shaolin  (shǎo lín sì 少林寺)  (pour plus de précision concernant ce sujet, lire ou relire la page : l’Okinawaden Bubishi  partie 1). Source  

Toujours aussi sérieuse au métier à tisser qu’à l’entraînement, Qīniáng 七娘 se mit à faire de rapides progrès; elle maîtrisa en peu de temps l’essentiel de l’enseignement  (wǔshù 武术) de son père.

Un jour que Qīniáng 七娘 s’apprêtait à étendre, à l’extérieur de sa demeure, une nouvelle étoffe laborieusement sortie de son métier à tisser ; une grue blanche qui cherchait de la nourriture dans le riche herbage, se rapprocha d’elle puis soudainement, d’un coup sec du bec, se saisie de l’étoffe qui se trouvait à sa portée.

Qīniáng 七娘 surprise essaya de lui arracher  mais la grue ne se laissa pas intimider;  sautillant, reculant, secouant son corps elle se dégageait avec de grands battements d’ailes et de pattes.  Vexée Qīniáng 七娘 décida de lui infliger une correction à l’aide des techniques acquises grâce à son moine de père.

Malgré son  ardeur, toutes les attaques se perdaient dans le vide.  Toutes les feintes se relevaient inopérantes, la grue esquivait et se jouait de toutes ces attaques aussi rapides soient-elles. Quand Qīniáng 七娘 avançait la grue, bondissait, reculait , esquivait ou amortissait tous les coups.  Source ©karatehistorique.wordpress.com

Qīniáng 七娘 se servit alors d’une perche en bambou (allusion à la technique du bâton du Shaolin ?) pour lui infliger la correction promise mais malgré l’emploi de cette arme improvisée, la grue esquivait encore tous les coups, comme elle l’avait fait si bien avec les techniques de poings et de pieds de la belle Qīniáng 七娘.

Qīniáng 七娘   ne tarda pas à se trouver essoufflée, elle était en outre stupéfaite de l’allure que prenait se combat. Combat dont elle ne voyait pas l’issue. Ne pouvant vaincre, de rage, elle décida d’abandonner.

Bien que dans la confrontation, elle ait perdu une étoffe précieuse elle y gagnât un enseignement de grande valeur.  Source ©karatehistorique.wordpress.com

Cette expérience la laissa profondément songeuse et comme elle n’aimait pas rester sur un échec, le jour suivant, elle se mit à observer les grues blanches 白鹤 qui avaient élu domicile sur une falaise près de sa demeure.

Pendant de longue heures, Qīniáng 七娘  les observait attentivement; danser, sautiller, battre des ailes, esquiver un partenaire, piquer du bec et crier. Elle admirait la manière fluide et naturelle dont elles évoluaient, car en un instant la grâce empreinte de souplesse du déplacement faisait place à un cou de tête puissant armé d’un bec accrocheur qui surprenait autant par sa vitesse que par son angle d’attaque.

Elle resta ainsi plusieurs jours d’affilé à observer le manège des grues, puis se décida à adapter leurs mouvements de manière à pouvoir les incorporer dans les techniques léguées par son père Fāng Zhǒng 方種 . Ainsi naquit, selon la légende, le style de la grue blanche 永春白鹤拳 ↔ 永春拳 ↔ 鶴法 ↔闽南人亦叫打拳头.   Sour

Quelques années plus tard, Qīniáng 七娘 reconnue de ses paires pour le haut niveau technique de son style, fini par trouver l’élu de son coeur du nom de « Céng Sì 曾四 » , se maria puis alla habiter le village de Dàyǔ 大羽村 oū elle éleva sa progéniture (deux filles toujours selon la légende ) en lui transmettant le style nommé selon son désire (ou qui a été nommé ainsi ultérieurement ?) : le style de la grue blanche 大羽村↔创作地点 ↔福建省/福宁州 流传地点↔ 泉州永春 ↔ 別名永春拳.  Source ©karatehistorique.wordpress.com

Ainsi finie la légende de Fang Qiniang 方七娘   (À noter qu’au sujet de cette légende, il existe quelques variantes dont les détails sont sensiblement différents )

Le village de Dàyǔ 大羽 bénéficie encore actuellement des retombées touristiques et culturelles car il est considéré comme le berceau du style de la grue blanche – 白鹤拳 bái hè quán  /Yǒngchūn Báihèquán 永春白鹤拳 ↔永春拳/中國福建省泉州市永春縣大羽村 / 中国永春白鹤拳使馆.

Du village de Dàyǔ 大羽 le style s’est ensuite propagé vers les régions du Fujian 福建省/福宁州 , du Guǎngdōng 廣東省/ 广东 puis en direction de l’océan pacifique; île de formose 台湾 (Taïwan) puis enfin aux îles Ryû-kyû 琉球 où il aurait influencé , le Todé/karaté 琉球空手 en général et plus particulièrement le style du Gojū 剛柔流 (réflexion personnelle : à mais yeux, le style Uechi 上地流 en est aussi largement imprégné )

Fig.0682 –  ↑ Délimitation approximative de la zone d’expansion et d’influence (de couleur rosée) du style de la grue blanche 白鹤拳

La boxe féminine de la grue blanche 白鹤拳 , est à la fois douce, fluide et rigide, empreinte de beauté et de force. Le style Gojū 剛柔流 comme l’indique son nom est « dur et souple » mais d’une dureté et d’une souplesse toute masculine.

Fig.0669-  ↑ Dans l’ Okinawaden, Bubishi,  Qīniáng 七娘  serait le personnage qui est représenté en prenant la célèbre garde dite « Tsuru kamaé – la garde de la grue / 沖縄伝武備志より – 鶴の構え »  ⇒ 泉州永春 ↔ 別名永春拳.

Fig.0668 –  Manuel technique de la grue blanche (en chinois) ↑ 永春白鹤拳 – 出版社: 人民体育出版社  Vous pouvez découvrir ce manuel de la boxe de la grue blanche 永春白鹤拳 – Yǒngchūn Báihèquán 永春白鹤拳的  dans la page des fichiers pdf  / №29 

Fig.0677 – ↑ Tsuru kamaé 鶴の構え par Go Kenki / Wú Xián Guì 呉 賢貴/ 吴贤贵 (1886-1940) Vous pouvez trouver sa biographie dans la page suivante (milieu de page) Personnage énigmatique mais de premier plan (semble-t-il, du moins à mes yeux ) en ce qui concerne le développement du style de la grue blanche 鶴法 dans le courant dit de « Naha 那覇手 » En arrière plan le maître Mabuni Kenwa 摩文仁 賢和.

Fig.0678 – ↑ Tsuru kamaé 鶴の構え exécuté par Ishikawa Kanako 石川カナ子 sous la direction du maître Higa Seiko 比嘉 世幸 (au centre :Akaminé Haruaki 赤嶺治明 ) . 空手の歩み / 外間哲弘 より。

Fig.0681- Cette garde ↑ a été reprise par le cinéma dans le film « The Karate Kid  » de John G. Avildsen /1984.  Les mythes sont multiformes et continuent, à notre époque de se propager par le biais du cinéma, des bandes dessinées, des dessins animés et des jeux vidéo.

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