archive

Archives de Tag: Busaganashi

Les  » Bubishi(s)  » :  le chinois et L’okinawaïen.

0400

Fig.0398- Couverture du Bubishi « Annales de la préparation au combat  » wǔ bèi zhì  武備志.

0398

Fig.0398- Bubishi « Annales de la préparation au combat  » wǔ bèi zhì  武備志 (中國古代軍事學的百科全書).  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Le Bubishi 武備志 , que l’on trouve à Okinawa se nomme l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 (琉球武備志)  . C’est un manuel philosophique et technique de la boxe du sud 南派拳法の教本 Ce manuel, n’est en fait qu’une copie de mauvaise facture d’un agrégat d’ouvrages beaucoup plus anciens et dont le contenu n’a pas grand chose à voir avec le « Bubishi  » original (en Chinois → » wǔ bèi zhì  武備志 (武备志)之明天启元年南京刻版 → Annales de la préparation au combat ) → Ce manuel-là  date de 1621 et comporte en tout, la somme astronomique de 240 chapitres 巻 (10405页)Ces chapitres sont étalés sur plusieurs volumes. Le compilateur du Bubishi 武備志 Serait un militaire de haut rang dénommé Máo Yuányí 茅元儀 (1594-1640) mais il parait à peine concevable qu’un seul homme est pu rédiger ce monument à lui tout seul. Máo Yuán yí 茅元儀 devait certainement disposer d’une équipe de scribes à son service.  Mao Yuanyi ⇒ 茅元儀 ( 茅元仪) -1594-1640 – 字止生,号石民,又署东海波臣、梦阁主人、半石址山公,浙江归安 ⇒ Wuxing/Huzhou/Zhejiang 今浙江吴兴 人。

0399

Fig.0399- Bubishi « Annales de la préparation au combat  » wǔ bèi zhì  武備志.Quelques uns des chapitres. (Cliquer sur l’image pour agrandir ↑ )

Les chapitres abordent toutes les techniques et activités militaires de l’époque : armes, armures, disposition de combat, matériel de siège, retranchement, défense terrestre et maritime, fortification, communication, balistique, topographie etc. Quelques chapitres seulement abordent le sujet du  combat à main(s) vide(s) « karaté 空手 » , dans le sens chinois du terme , celui de  » main(s) vide(s) =  SANS ARMES  ⇒  désarmé ; kòng 空 shǒu手   » alors que le contenu de l’ Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 lui, est axé sur le Kempō 拳法 ( la boxe chinoise du sud 南派拳法;  boxe de la grue blanche 白鹤拳 ⇒又名 ⇒永春白鹤拳  À vrai dire de trois styles qui sont : la boxe  « bái hè quán 白鶴拳 (fēi hè quán  飛鶴拳) » ,  la boxe  »  dòu hè quán 闘鶴拳 » et la boxe  » yóu hè quán  遊鶴拳  » )

0482

Fig.0482- Bubishi « Annales de la préparation au combat  » wǔ bèi zhì  武備志 Chapitres sur le combat à main(s) vide(s) « karaté 空手 » , dans le sens chinois du terme :  désarmé ⇒  kòng 空 shǒu手 (Cliquer sur l’image pour agrandir ↑ )

——————————————–

Quelques copies fidèles de l’ouvrage  » le Bubishi 武備志  » ( l’original chinois) sont accessibles en ligne aux adresses suivantes:

▥ Copie, archivée par les Japonais (agrémentée de furigana(s) -振り仮名 kanas écrits à côté ou en dessous d’un kanji 漢字 pour en indiquer la prononciation.) Cliquer sur le lien pour accéder au Bubishi 武備志 ⇒ /序総目/巻目/ 1-240 / 茅元儀 輯 ; 鵜子直 訓点 / 公開者 Copyright 早稲田大学図書館/ Waseda University Library.

▥ Copie, archivée par les Japonais (mais semble-t-il sans furiganas)  ⇒ Cliquer sur le lien pour accéder au Bubishi  wǔ bèi zhì  武備志;   édition chinoise ancienne détenue au japon. 市立米沢図書館・公益財団法人図書館振興財団より / Yonezawa city library Yamagata Japan .  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

▥ Copie, archivée par les Chinois ⇒ Cliquer sur le lien pour accéder au Bubishi 武備志 ⇒ 中國哲學書電子化計劃 / 圖書館 . Academia Sinica -Taiwan.

▥  Copie, archivée par  les Chinois ⇒ Cliquer sur le lien pour accéder au Bubishi 武備志 ⇒ Collection universallibrary – Digitizing sponsor China-America Digital Academic Library (CADAL)  Contributor 北京大學圖書館 ⇒ (librairie universitaire de Pékin )

————————————————

Les historiens font donc logiquement la différence entre le Bubishi 武備志 d’origine et l’ Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 dont la copie (une des copies) est archivée à Okinawa et dont le nom exact est : « Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 ».

À l’époque où cette copie dite de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 est sortie de l’ombre (fin du 19e siècle), elle ne portait ni couverture (elle était déchirée) ni titre. Le nom  de » Bubishi 武備志  »    , lui a donc été donné par défaut, ajoutant ainsi à la confusion ambiante. De là le rajout de  « Okinawaden 沖縄伝 » sur les réimpressions modernes des maisons d’édition .

0402_bubishi

Fig. 0402 – Quelques planches de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志. Manuel philosophique et techniques de la boxe du sud 南派拳法の教本 axé sur le style de boxe de la grue blanche 白鹤拳 (白鶴門食鶴拳? 永春白鹤拳 ?). L’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 comporte en tout 72 dessins.   Ce manuel, serait probablement un condensé de quatre différents anciens ouvrages ( professeur Lú jiāngwēi 盧 姜威)

L’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 ramené de Chine l’a été (dit-on) par le maître Higaonna Kanryō 寛量 東恩納. « .   L’identique » que nous trouvons actuellement en librairie, n’est pas assuré d’être la copie que Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 a ramené de Chine mais un des exemplaires recopiés à la main par… à vrai dire, on ne sait qui. De ce fait il est plus que probable que de nouvelles altérations ou erreurs se soient encore glissées. Néanmoins et malgré ces nombreux défauts, cet ouvrage a exercé, une (*1) influence importante sur les maîtres okinawaïens de todé/karaté de la fin du 19e siècle et du début du 20e.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

À noter que, au moins, une des copies anciennes de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備 avait un titre agrémenté d’un idéogramme différent pour l’orthographier ; Le shi de  » Bubishi ⇒  № 1 [武備 ⇒ shi ]  et  № 2 [武備 shi  ] Ces deux idéogrammes se prononcent à l’identique « shi  » mais non pas du tout la même signification :   ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

№ 1) shi 志 ⇒ Se préparer, etc.

№ 2) shi 誌 ⇒ Notifier, mettre par écrit, etc.

Un exemple parmi d’autres qui démontre bien que la transcription d’une copie à l’autre induisait presque mécaniquement des ratures et des erreurs (même si infimes soient-elles). Une erreur sur le choix de l’idéogramme et le sens profond de la phrase en est irrémédiablement modifié.  Pour ce qui concerne le choix de l’idéogramme shi 誌 № 2)  à la place de l’idéogramme shi 志 № 1)  ; il n’est pas impossible , non plus, que cela ait été volontairement fait dans le souci de se démarquer…  D’après une source orale (?); c’est le maître Mabuni Kenwa 摩文仁賢和 qui aurait nommé cette ouvrage de la sorte (Bubishi 武備誌 № 2  en l’année 1934 lors de la création d’une nouvelle copie; la sienne. ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

0483

Fig.0483- Ancienne copie du (l’Okinawaden) Bubishi  (沖縄伝)武備誌. 剛柔流泉武会総本部より/ Détenue par la Gojū-ryū Senbukaï So Honbu / 1937.

0297_bunbishi

Fig.0297- Une édition moderne de l’Okinawaden Bubishi  沖縄伝武備志.

À noter : Il est plus que probable que le maître Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 ait accédé à cet ouvrage par le biais de la famille Yoshimura 義村.  Le père de famille; Yoshimura Chōmei 義村 朝明 (1830-1898) était leader politique influent, conservateur et nippophobe 反日派 alors exilé à Fuzhou 福州 ( Chine 中国 ). Yoshimura Chōmei 義村 朝明 possédait à Fuzhou 福州 une importante bibliothèque de livres chinois. En 1933, le fils de Yoshimura Chōmei 義村 朝明 ; Yoshimura Chōgi 義村朝義 se rendra en Chine pour récupérer la collection de plus de 800 ouvrages de son père et la ramener au Japon malheureusement, cette superbe collection a propablement été détruite par les bombardements aériens lors de la seconde guerre mondiale. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 semble avoir servi de « discret » (pour ne pas dire secret) messager (agent de liaison) au service des membres du parti conservateur le « ganko-tō 頑固党 » (parti okinawïen pro-chinois ) Entres ceux restés à Okinawa et ceux, assez nombreux, exilés en Chine. De là les nombreux voyages qu’il effectue en Chine 中国 Et sous couvert de chercher des débouchés pour son commerce de bois. De fait, Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 aura l’honneur de pouvoir servir de maître de todé/karaté au dernier rejeton de la famille ; Yoshimura Chōgi 義村朝義 (1866 –1945) qui lui réside à Okinawa tout près du palais de Shuri 首里城. Chose assez supprenante pour l’époque car Higaonna Kanryō 寛量 東恩納 n’était qu’un simple roturier de Naha. malgré cela, il finira par être logé pendant une longue période au palais des Yoshimura 義村 à Shuri. Ceci pouvant ainsi expliqué cela. Surtout que c’est juste après cette période de « Shuri » que les élèves affluent à son enseignement donné à Naha 那覇市. Cet épisode de Shuri lui a été profitable sur le plan de la publicité; Un roturier qui enseigne à un noble; c’était loin d’être une chose courante et normale . ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

0567

Fig. 0567 – Quelques membres du parti conservateur le « ganko-tō 頑固党 »  en exil à Fuzhou 福州  habillés à la mode chinoise en signe de résitance face à la politique Japonaise concernant les Îles Ryūkyū.

Au sujet de la provenance de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 , une autre source donne la version suivante :

Un dénommé Kuniyoshi Seikō 国吉世功・國吉世功 (Nom chinois → Guó-jí Shì-gōng ) , et descendant (un des) de la communauté chinoise de Kumé 久米村 / ( voir la page suivante : Naha/kumé 那覇久米) en aurait fait la découverte dans le temple « Tensonbyō 天尊廟 « (temple confucéen,) situé dans le quartier de Wakasa à Naha 天尊廟地 → 那覇市若狭 1-25-. Le temple était , à l’origine ( 1671-75 ?), fréquentés par les membres de la communauté chinoise de Kumé 久米村 et dédié à la divinité  » Tenpikū 天妃宮  » protectrice des marins et du trafique maritime. Le temple a été détruit pendant la bataille d’Okinawa 沖縄戦 en 1945 et reconstruit en 1975.

0403

Fig.0403-  Temple confucéen « Tensonbyō 天尊廟  » situé dans le quartier de Wakasa 若狭 à Naha 那覇市.

Fig.0639-  Enseigne du Tensonbyō 天尊廟.

Par la suite une copie de cet Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 aurait été tirée ( réalisée à la main) par un dénommé « Aragaki Jinan 新垣仁安(?)  » qui l’aurait ensuite transmis (?) à Miyagi Chōjun 宮城長順.

Cette source semble sujette à caution car le maître Itosu Ankō 糸洲安恒  semble avoir eu connaîssance du contenu  de  » l’Okinawaden Bubishi 沖縄 伝武備志 « bien avant que Miyagi Chōjun 宮城長順 prenne connaissance de l’existence même de cet ouvrage.  ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

À preuve le fait que, Itosu Ankō 糸洲安恒 a employé les termes de  : « style Shōrei-ryū 昭霊流  » et style « Shōrin-ryū 昭林流  » Termes qui sont tirés de  » l’Okinawaden Bubishi 沖縄 伝武備志 » et qui a eu pour résultat de l’induire en erreur,  du fait de l’altération d’un idéogramme ⇒林 en 霊 . Altération rendue possible par une succession de copies, toujours, réalisées à la main.  Ce terme de Shōrei-ryū 昭霊流 est une erreur de traduction contenue dans  l’ Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志   transformant le Shōrin-ryū 昭林流 en Shōrei-ryū 昭霊流 . Cette erreur provient du choix peu judicieux concernant les caractères chinois 漢字 employés pour transcrire →   Shōrei-ryū : 邵霊流 . Ces derniers passaient du mandarin  官话/ 汉语 → au wu  吴语 / un dialecte chinois 方言  (Une partie de l’Okinawaden Bubishi est écrite en dialècte de 福州 Fuzhou) Cette mauvaise traduction donnait à penser qu’il existait deux styles parallèles alors qu’en fait, il n’y en avait qu’un seul. Cela revient à dire que le style « Shōrei-ryū 昭霊流 → (昭流 → 昭灵流)» écrit avec ces caractères, n’a jamais existé en temps que tel et que les deux termes  « Shōrei 昭霊 Shōrin  昭林 » servant à désigner deux styles différents n’en font en réalité qu’un seul : le Shōrin  昭林流. ⇒少林流

Le Shōrin-ryū 昭林流 (écrit tel quel) se prononce en mandarin ⇒   « shàolín » voire  « zhàolín  »

Le Shōrei-ryū 昭霊流 (écrit tel quel) se prononce en mandarin  ⇒   « shàolíng» voire  « zhàolíng  » ( 靈 (霊) ⇒ shàolíng 昭灵) il faut reconnaître que la prononciation, en chinois courant (mandarin), est de nos jours encore assez similaire.

À noter : Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

1)  que c’est dès 1905 que le maître Hanagusuku Chōmo 花城長茂. a tiré de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 l’idéogramme » Kara/ /vide » qui se trouve dans le texte dit des : » huit importantes sentences du kenpō 拳法之大要八句 » Cinquième sentence philosophique №5 : Shôuféng kong zérù 手逢空則入 → (té ) 逢 (kara ) 則入 « C’est la nature physique du vide (kara) qui permet à la main (té )de pénétrer en son sein chaque fois qu’il est présent «  Beaucoup plus tard, en 1929, le maitre Funakoshi Gichin 船越 義珍 s’en est inspiré pour changer les idéogrammes du mot « KARATÉ » passant ainsi de la  » main chinoise 唐手 » à la « main vide 空手 « (portée philosophique)

2)  et que c’est en 1930 que le maître Miyagi Chōjun 宮城長順 , s’est inspiré d’une autre maxime ; la №3 de l’ Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 pour nommer son style le Goju-ryu 剛柔流 →go /Dur 剛 ju/souple 柔 style/ryū流 . → 「法剛柔呑吐身随時応変」 maxime №3 法剛柔呑吐 « La loi bipolaire qui régit le concept; force -souplesse, est celle de l’inspiration-expiration ».  ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Pour indication voici les huit sentences inclues dans l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志

ξ ☒ Titre : « les huit importantes sentences du kenpō 拳法之大要八句 » En chinois : « Quánfǎ zhī dāyāo bā jū » et en japonais : « Kenpō no taiyōkuhakku » .

№1 人心同天地 L’esprit humain et l’univers sont de même nature.

№2 血脈似日月 Le sang et les artères sont comparables au duo soleil-lune.

№3 法剛柔呑吐 La loi bipolaire qui régit le concept; force -souplesse, est celle de l’inspiration-expiration.

№4 身随時應變 Le corps s’adapte et répond aux sollicitations quand celles-ci apparaissent.

№5 手逢空則入 C’est la nature physique du vide qui permet à la main de pénétrer en son sein chaque fois qu’il est présent .

№6 碼進退離逢 Le déplacement du cheval n’est pas linéaire ; il lui arrive de reculer pour avancer et d’avancer pour reculer.

№7 目要觀四向 Les yeux sont capables de voir dans les quatre directions cardinales. (sous-entendu  :  » servez-vous en »)

№8 耳能聴八方 Les oreilles sont capables d’entendre dans huit directions différentes. (sous-entendu  :  » servez-vous en »)

☒ ξ / Traduction: Christian Faurillon ©

Fig.0657- Les huit importantes sentences du kenpō 拳法之大要八句.  Document provenant de la collection personnelle du maitre Shimabuku Kichirō 島袋吉郎  fîls du fondateur du style Isshin-ryū  一心流国際空手道連盟 本部道場より。.

À noter: que l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 renferme dans ses pages le nom de la divinité taoïste 道教 ⇒ « jǐu tiān fēng huǒ 九天風火院三田都元帥 » connue également sous divers noms voire avatars ⇒ tiándōu yuánshuài 田都元帥,xìshén 戲神、dào jiào hù fǎ shén 道教護法神,yì chēng tián yuánshuài 亦稱田元帥、tián gōng yuánshuài 田公元帥、tián fǔ yuánshuài 田府元帥、xiàng gōng fú 相公佛、xiàng gōng yé 相公爺,huì yuè zōng shī , etc. (会楽宗師 ) Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

0559             0558

Fig.0559-   Chine-   Divinité taoïste 道教 ⇒ « jǐu tiān fēng huǒ 九天風火 院三田都元帥 » et un de ses avatars ⇒ Fig.0558-  tiándōu yuánshuài 田都元帥 (Le trône est le symbole de l’étoile polaire ; et selon l’ordre cosmique, le symbole de la stabilité, de l’homme de bien qui sait faire régner l’harmonie autour de lui.)

Divinité exclusivement populaire dans la province chinoise du Fujian 福建, et sur l’île de Taïwan (Formose) 台湾. Cette divinité est la divinité protectrice des arts de la guerre 武術 et de l’art théâtral ( opéra chinois, musique, danse 閩南地區以此神與西秦王爺為主要戲劇神).  ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

 » jǐu tiān fēng huǒ /yuàn sān tián dōu yuán 九天風火院三田都元 » est connue à Okinawa sous le nom de  » Bushin 武神 ⇒ Bussagami ブサーガミー ou  Busaganashi  / Buzāganashi ブザーガナシー  » (⇒ Yumiyagami 弓矢神) divinité martiale.  Quelques exemplaires (statues et gravures ) sont là pour témoigner de son avancée culturelle et géographique jusqu’à l’archipel des Ryūkyū. Ce n’est pas sans raison qu’une récente édition de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 la représente d’emblée sur sa couverture ( voir plus haut la ↑ Fig.0297).

0560        0561

Okinawa — Fig.0560-  Statue en bois et Fig.0561- Gravure représentant la divinité Bushin 武神 ⇒ Bussagami ブサーガミー ou  Busaganashi ブザーガナシー. et également divinité protectrice du style Gōjū-ryū 剛柔流.    (du moins reconnue comme telle par certaines branches du style)  Elle orne parfois de sa présence l’étagère d’un dōjō okinawïen.

Vous noterez au passage, la profonde similitude , que l’on rencontre aussi bien en Chine (province du Fujian 福建) qu’à Okinawa 沖縄・琉球 entre d’une part; l’art artistique (danse) et d’autre part; l’art guerrier.芸能と武術 Profonde similitude qui se retrouve bien évidemment dans la symbiose  « Karaté, kobudō & danse » Voir à ce sujet la page suivante: Le kobudō une origine plurielle comme ses armes.

Une tradition rapporte que vers l’année 1698 (1645 ?), un noble dénommé Ominé « oyakata 大嶺親方 » aurait ramené de Chine une statuette en terre cuite d’un des avatars de cette divinité ) Avatar qui se trouve à Nishiharachō sur le périmètre foncier ayant appartenu à une chamane  « Noro  ノロ・ 祝女 »  ⇒ Adresse: 124 Tanabaru Nishihara-cho 西原町字棚原 棚原124

Bien que cet exemplaire-là passe actuellement pour être rattaché  à tort ( semble-t-il)  à une divinité protectrice de la terre (土).

Cette statue se nomme  « To-outiikū ⇒  トゥティークー ⇒ 土帝君  »  : 中文名 ⇒ 张福德  ⇒ 土地公 et elle semble prendre une position de combattant à mains nues (kamaé typique du kempō 拳法の構え) telle que l’on peut découvrir sur la photo ci-dessous ↓(Fig.0604, personnage sur la droite) de fait elle reste plutôt éloignée de la divintité chinoise protectrice de la terre et de ses attributs, (notamment d’une branche d’arbre qu’elle serait censée tenir de la main droite ? ⇒ 张福德? ) D’ailleurs, on peut comparer avec une autre statue « To-outiikū ⇒  トゥティークー ⇒ 土帝君  »  : 中文名 ⇒ 张福德  ⇒ 土地公  beaucoup plus en accord, avec les canons de la réprésentation de la divintité chinoise protectrice de la terre qui se trouve à Naha 那覇市 dans le quartier de kokuba 国場 et qui permet, par comparaison, cette affirmation.

604

Fig.0604 – To-outiikū ⇒  トゥティークー⇒ 棚原比嘉家の土帝君, personnage en terre cuite se trouvant sur la droite de la photo ( Chinois ⇒ 土地神 /土地公公 / 土地公 / 土地爷) Cliquer sur l’image pour visionner une photo réalisée en plus grand format.

À savoir:  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Actuellement on trouve quelques reproductions de cette statuette : Bushin 武神 ⇒ Bussagami ブサーガミー ou  Busaganashi ブザーガナシー( Fig.0560 ) en bois dont  » l’originale » est détenue par le dōjō Jundōkan (剛柔流順道館宮里空手道場). Cette statuette 武神像  a été fabriquée sut l’île de Saïpan située à plusieurs milliers de kilomètres des côtes d’Okinawa. C’est un ancien disciple (condisciple?) de maître Miyagi Chōjun 宮城長順 ; dénommé Madanbashi Keiyō 真玉橋景洋 qui ayant travaillé sur cette partie des îles Mariannes, alors territoire Japonais, aurait demandé à un menuisier (ou à un artiste local) de lui en confectionner une.  ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

À la fin de la guerre lors de l’annexion de des îles Mariannes par les États Unis , Madanbashi 真玉橋 obligé de quitter l’île de Saïpan; l’aurait ramené dans ses bagages.

Une fois revenu à Okinawa Madanbashi Keiyō 真玉橋景洋 l’aurait offerte à Miyagi Chōjun 宮城長順. À la mort du maître, la femme de ce dernier l’aurait transmise à son plus fidèle disciple (1955) : Miyazato Eiichi 宮里栄一 ; c’est ainsi que cette statue orne une niche murale du dōjō de maître Miyazato ; le Jundōkan 順道館 à Naha .

0564

Fig.0564 -Niche murale du dōjō de maître Miyazato ; le Jundōkan 順道館 à Naha où est conservée la statuette.

Cependant il faut noter que cette statuette ne respecte pas tout à fait les codes de la gestuelle sacrée du Taoïsme ( qui proviendrait en fait de l’Inde et de l’époque védique) du moins telle que elle est représentée semble-t-il  à l’origine (?) par la divinité taoïste 道教 ⇒ « jǐu tiān fēng huǒ 九天風火院三田都元帥 ? (田都元帥之起源,說法極多 Les hypothèses et les interférences sur l’origine de cette divinité sont trop nombreuses pour essayer de les démêler.) ». Cette gestuelle-là ⇒(梵語 mudra मुद्रा ) est beaucoup plus en harmonie avec le style Gōjū-ryū 剛柔流 car une des mains est fermée, et de ce fait est censée représenter la force → 1) Gō 剛 tandis que l’autre main pointe un doigt (index) voire deux dans une gestuelle qui est censée représenter la souplesse → 2) jū 柔 »  (voir la Fig.0562 ↓Tao et Spiritualité 道教密術  ) Sur quelques rares exemplaires , la main droite est parfois représentée en train de se refermer sur la poignée d’une arme (épée?) voire d’un bâton  aux vertus magiques. ( Comme indiqué plus haut, il ya une sérieuse possibilité d’interférences avec d’autres divinités taoïstes  華光天王, 靈官馬元帥 , etc)

Mais il est vrai que la divinité taoïste et de ses avatars comme le » xiàng gōng fú 相公佛  « alias xiàng gōng yé 相公爺  » , sont quasiment toujours représentés avec les deux mains respectives pointant les doigts comme dans le cas de la statuette de Madanbashi Keiyō 真玉橋景洋 (Fig.0560) .

Tao et Spiritualité 道教密術 – léi fǎ 雷法 Gestes sacrés et énergie magnétique :

0562

Fig.0562 – Gestuelle religieuse  道教密術  ; représentation du geste de menace :

Tarjanī-hasta ⇒ tarjanī-mudrā मुद्रा Il existe plusieurs représentations du geste de menace ; le plus fréquent, montre un poing fermé, une main à l’horizontale avec un index tendu.  ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

1) Gō 剛 : Force 剛 ⇒ 剛者:如拳擊之爆發力,打出去發勁猶如閃電,使磁場即時改變。如驅邪指之類 ⇒ main fermée 驅邪指  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

2) jū 柔 : Souplesse 柔⇒ 柔者:指引與化解作用。如劍指,用在敕令、畫押。如觀音指、用於洗淨 ⇒ deux doigts ( 梵語 mudra dit du »sabre ») 劍指

Source : 道文化國際學術研討會論文集 – 玄天上帝研究會 Étude concernant l’interconnection entre les gestes sacrés du Tao et l’énergie électromagnétique. 法教的雷法 Professeur 吳永猛 National Taipei University 國立臺北大學 2006

Au cours du temps et du fait du penchant démesuré humain pour le  » merveilleux » , le mysticisme taoïste originel 道教 qui se voulait (semble-t-il) profondément et analogiquement naturel s’est transformé en un agrégat surnaturel composé de, magie divinatoire aléatoire et de superstitions floues et obscures.

■■■ À l’origine , voila à quoi la couverture déchirée de l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 ( dénommé « Ryûkyû Bubishi » par les chinois 琉球武備志) devait approximativement ressembler – Couverture d’un des exemplaires chinois :

Fig.0703 -篇手散・古典拳論・南音祖師田都元帥・ 在泉州眾多民間信仰中,三田都元帥信仰是極其重要的一支,被奉為音樂界的祖師爺,是音樂節、戲曲界的保護神。Divinité taoïste protectrice de l’opéra et de l’art musicale et également gardienne des festivals de musique de la région du Quanzhou 泉州市 / Chine. (vous pouvez visionner une partie de la couverture d’un exemplaire de l’Okinawden Bubishi 琉球武備志 en couleur sur cette page)

À noter que cet exemplaire ne porte (également) pas de titre; ou pour être plus précis que le nom de la divinité sert de titre à l’ouvrage  ⇒ jǐu九tiān天 fēng 風dà 大yuàn院 sān三tián田dōu都yuán元 /  shī師shī師 .

Décryptage partiel du symbolisme de la figure 0703:   

Le Coq d’Or (voire poulet – yang 陽) et le Chien d’Argent – yin 陰(et les spécificités qui leurs sont allouées)「風火二將」, 「金雞玉犬⇒ 金雞 銀犬」sont les deux gardiens célestes de la divinité taoïste 道教 ⇒ « jǐu tiān fēng huǒ 九天風火 院三田都元帥 » et de ses avatars.  ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

Ces deux animaux font partie de la bestiaire du calendrier chinois et sont également assujettis à des directions indiquées sur les boussoles chinoises 方位 : Ouest pour le Coq (酉/雞)  d’Or et Nord-Ouest pour le Chien (戌/犬) d’Argent. (Bien que absent sur cette gravure, ont peut découvrir le coq sur d’autres nombreux exemplaires de la statuaire tel celui de la :Fig-0559 ) De ce fait, le corps (de face) de la divinité, est censé se trouver positionné dans un angle° situé entre l’Ouest et le Nord-Ouest ⇒ 西 (兌・酉) N ↔ 北西 (乾) WNW.

La roue de vent et de feu (la double roue rugissante incandescente )  fēng huǒ lún 風火輪⇒ 风火轮 .    Le fēng huǒ lún 風火輪 est une arme légendaire 风火轮(神话兵器)aux pouvoirs magiques; elle permet , entre autres, de se déplacer à une vitesse fantastique et aide à retrouver ses forces et ses capacités physiques rapidement grâce aux cinq principes actif-passifs 五行 (陰陽五行): bois 木, feu 火, terre 土 , métal 金(金属) et eau 水, chers au Taoïsme.

Selon la tradition le diamètre de cette roue céleste est de l’ordre de 20 à 40 centimètre 直径约在20—40厘米间,厚度约为5—10厘米 l’épaisseur située entre 5 et 10 centimètres. Des flammes 火 surgissent de la fournaise alimentée par la puissance dégagée par le vent hurlant 風.

Force, puissance vitale (Souffle, lumière-chaleur) , rapidité , agilité , légèreté et régénération rapide (par la loi des cinq principes actif-passifs (cinq trésors) 五行 taoïstes en action sur la voie du salut)  ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

On comprend que cette divinité 戲劇界的保護神 = 武神 et , surtout la somme de symboles qui l’accompagne dans sa quête humanoïdo-céleste ne pouvait pas laisser indifférents les artistes, acteurs , danseurs et combattants martiaux qui en ont fait leur divinité protectrice (戲曲之神) .  ©Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

■ Iconographie taoïste  : aucun détail n’est laissé au hasard.

Que ce soit l’orientation, la position, la forme, la couleur, rien dans représentation artistique taoïste, en deux ou trois dimensions 道教神像 n’est laissé au hasard. Chaque détail est la représentation plus ou moins fidèle d’un concept ou d’une expression cosmique 道教密術.

De ce fait un problème d’interprétation peut intervenir si le canon taoïste en vigueur n’a pas été fidèlement reproduit par l’artiste.  Quand celui-ci a copié une oeuvre ou s’en est inspiré pour en créer une, en laissant courir son imagination au détriment du fond mystique et cosmologique que l’oeuvre exprimait par le biais des moyens employés et cités plus haut.  Ce cas de figure semble assez courant quand de surcroît, l’artiste en question est un néophyte pour tout ce qui touche au fondement ou à la représentation du culte Taoïste.

(*1) ☒☒☒ Réflexions personnelles sur : l’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 à sa juste place… mais où se situe cette place ?… lire la suite  ☒☒☒☒☒☒

L’Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 – partie 2 – La légende de Fang Qiniang et de la boxe de la grue blanche.

———————————————-

À l’intention des visiteurs indélicats. 

Les articles de ce blog n’ont pas vocation à être la cible de razzias numériques intempestives et de copié-collés sauvages. 

Vous pouvez bien évidement vous inspirer des contenus, vous y référer même, sans pour autant vous adonner au pillage du travail exposé sur ces modestes pages et par politesse, un lien vers ce blog est toujours le bienvenu…

———————————————

_

retour

L’histoire du karaté Okinawaïen  沖縄空手の歴史 Christian Faurillon -フォーリヨン・クリスチャン ©2015

_

_

Publicités
%d blogueurs aiment cette page :