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Haute de page : Uechi Kanbun 上地完文.  Bas de page : Miyagi Chōjun 宮城長順. 

Uechi Kanbun 上地完文 

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Nom : Uechi 上地

Prénom : Kanbun 完文

Date de naissance et de décès : 5 mai 1877- 25 novembre 1948

Lieu de naissance : village de Izumi 伊豆味村 dans la presqu’île de Motobu 本部間切伊豆味村 ,situé dans le nord-ouest d’ Okinawa. Adresse :1203 Izumi Motobu-chō Kunigami-gun Okinawa-ken 905-0221 /  〒905-0221本部町伊豆味 1203. Une borne commémorative indique l’emplacement (voir la photo ci-dessous)

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Fig.0591-  Borne commémorative 上地完文翁屋敷跡地

Fondateur du mouvement qui donnera le style Uechi-ryù 上地流

Uechi Kanbun 上地 完文 naît dans une famille d’anciens nobles de shuri 首里の按司 (?).Les Uechi semblent être revenus à la terre suite à l’explosion démographique dont était l’objet la couche aristocratique. Cette explosion démographique ayant eu lieu vers la fin du 17e et le début du 18e siècle ( voir la page suivante pour plus de précisions : Le kobudō une origine plurielle comme ses armes) La famille Uechi (comme beaucoup d’autres dans son cas) avait perdu les privilèges de la caste mais en avait gardé l’orgueil. Les Uechi étaient donc redevenus des paysans mais des paysans qui éprouvaient des difficultés à s’intégrer dans le monde rural et ancestral de la communauté du village d’ Izumi 伊豆味村. De ce fait le père de Kanbun 完文; Uechi Kantoku 完トク semble avoir eu , de fréquents problèmes de voisinage (?). Problèmes de voisinage qui aurait poussé le jeune Kanbun 完文 à vouloir devenir fort et respecté par le biais des arts martiaux.

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Fig.0592- L’emplacement de la maison de Uechi Kanbun 上地 完文 ( dans le bosquet ) se trouve au sommet d’un mont ; le Yae 八重岳 également appelé mont Yaedaké ou Yaé-Také (453 m)  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

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Fig. 0593 – De cet emplacement perdu dans les nuages, on découvre une vue imprenable sur la mer de Chine et sur l’île d’Ié 伊江島.    Sa demeure et son îlot de terre sont quasiment situés sur un nid d’aigle. L’isolement total surtout à une époque où les moyens de transport n’étaient pas aussi développés que maintenant. (Cliquer sur la photo pour agrandir) ↑  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Aucun document et aucune source orale ne nous indiquent ce que fut son enfance et son adolescence et si il avait pu recevoir ou non un enseignement relatif à la pratique du todé/karaté. On ne retrouve sa trace qu’en 1897 à l’âge de 19 ans. Voulant échapper à la conscription japonaise. Uechi Kanbun 上地 完文 quitte Okinawa en mars 1897 pour rejoindre la Chine ( la conscription ne rentre en vigueur qu’à partir de 1898; prend-t-il les devants ?) . Il n’est pas le seul à choisir ce moyen pour y échapper; Le fils de Yabu Kentsū 屋部 憲通; Yabu Kenden 屋部憲伝 s’exile alors aux États Unis pour ne pas à avoir endosser l’uniforme nippon (les jeunes, vivants à l’étranger n’étaient pas tenus de faire leur service militaire 兵役逃れ) . Ce qui laisse planer un doute sur la version, selon laquelle, la famille Uechi 上地 aurait été des plus pauvres, car à l’époque, il fallait posséder un petit pécule pour envisager de se lancer dans les aléas de l’exile chinois. D’autant plus qu’à cette époque; Kanbun 完文 ne parlait pas un mot de chinois. Généralement les jeunes qui ne pouvaient , faute de moyens financiers, s’exiler , choisissaient un moyen beaucoup plus radical pour se soustraire aux obligations militaires; de 1898 à 1907 on comptera ainsi  jusqu’à 744 Okinawaïens condamnés pour s’être mutiler un ou plusieurs doigts.

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Fig.0354- Vue générale de la ville de Fuzhou 福州市/Chine.

On le retrouve donc en 1897 en Chine à Fuzhou 福州市 capitale de la province chinoise du Fujian 福建省. Fuzhou 福州市 est le point de chute logique pour un Ryūkyūïen. Ses compatriotes y forment une importante communauté qui dispose d’un local , une sorte de consulat né de l’important trafique maritime avec la Chine et connu sous le nom de Juuen’eki 柔遠駅 » (進貢工柔遠駅) plus connu sous le nom de Ryūkyūkan 琉球館 Ce local dont la date de construction remontait à 1469 , avait été construit pour accueillir la délégation des envoyés royaux auprès du souverain de Chine. Ce lieu servait également de centre d’hébergement pour les marins immobilisés suite à un naufrage , les étudiants en transite vers Pékin 北京 et les Ryūkyūïens en difficulté qui y trouvaient un hébergement temporaire. Uechi Kanbun 上地 完文 faisant partie de cette dernière catégorie, il y loge pendant quelques semaines. Quelques temps plus tard, il se présente au dōjō de Zhōu Zihé 虎拳/ 福州拳师周子和  → zhōu 周 zǐ 子hé 和 . Conquis pas le maître des lieux et la technique que l’on y pratique, il y restera plus de dix ans. Parallèlement au kempō 拳法, il étudie, toujours avec le maître Zhōu Zihé 周子和, la médecine traditionnelle chinoise 漢方学。Pour assurer son quotidien, il vend des médicaments et des potions 薬 à base de plantes médicinales.  Christian Faurillon  

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Fig.0344- 福州拳师周子和 maître Zhōu Zihé / Zhōu  Zuǒ Wǔ  周左武. /  虎形拳/ 功法秘籍虎形拳/(魏齐祺等编著 )

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Fig.0351- La maison du maitre Zhōu Zihé  周子和故居.


☒☒☒ aparté ☒☒☒☒☒☒  À savoir:
Le maître chinois supposé de Uechi Kanbun 上地 完文, se nommait, comme indiqué plus haut Zhōu Zihé 周子和 → Autre nom又名 : Zhōu Zuǒ Wǔ 周左武 (1874 – 1926) En japonais son nom se prononce: Shu Shi Wa 周子和. Ce maître enseignait le style de la  » boxe du tigre « →  hǔ zūn quán  虎尊拳 : Source chinoise: 今日龙湾→ 虎尊拳起源于永泰祖传积山拳法/与泉州德化县交界的福州永泰洑口乡就是虎尊拳的发源地. Ce style du tigre est principalement enseigné dans la région du Fujian 福建 虎拳在 et dans les villes et districts suivants : Fuzhou 福州, Xian de Minhou district de la province du Fujian 闽侯、Changle 长乐、Nanping 南平、Sanming 三明、Xian de Xianyou district de la province du Fujian 仙游. Comme la plupart des styles chinois, l’enseignement comprenait l’emploi des armes blanches. Ce style est tenu par les Chinois pour être partie intégrante du courant dit de la « boxe du sud 南拳 »→ 福建南拳丛书. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

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Fig.0358-  Manuel chinois de la boxe du tigre  虎形拳/福建南拳丛书/ 功法秘籍虎形拳/ 魏齐祺等编著. Vous pouvez découvrir ce manuel en entier dans la page des fichiers pdf

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Fig.0352- Des armes ayant appartenu  au maître Zhōu Zihé. 周子和使用过的兵器.

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Fig.0350- Borne commémorative signalant le lieu d’origine du style chinois de la boxe du tigre / Dé huà 德化 Quanzhou  泉州  ville de la province du Fujian  福建省 / 与泉州德化县交界的福州永泰洑口乡就是虎尊拳的发源地/福建省中部/泉州市西北部. Le xian de Dehua 德化县 est un district administratif de la province du Fujian en Chine placé sous la juridiction de la ville-préfecture de Quanzhou 与泉州 . Ce district est connu pour sa fabrication de porcelaine 名瓷器产地 et pour avoir dans les siècles anciens, exporté en Europe une partie de sa production. Production connue, en France,  sous le nom de « blanc de chine « 德化陶瓷艺朮精品.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Uechi Kanbun 上地 完文 a nommé ce style « pangai noon ou Pangainun パンガヰヌーン ». Nom que l’on ne retrouve nulle part  dans la tradition chinoise du moins sous ce dénominatif  (?). Ce style a aussi été nommé :  » mi-souple mi-dur  » → 半硬軟 → mi半-souple軟 mi半-dur 硬 qui se prononce en chinois → bàn半 yìng 硬 ruan 軟/ 软. Ce nominatif là, serait-il la prononciation correspondante du « style du tigre » dans un dialecte chinois ? …   Cela semble peu probable. Mi-souple mi-dur aurait été rajouté dans le souci d’expliquer le sens du nom « pangai noon » , qu’aucun Okinawïen ou Japonais (ou Chinois d’ailleurs) ne pouvait alors comprendre sans rajouter cette explication de fortune car  « pangai noon ou Pangainun パンガヰヌーン »   était écrit en syllabaire katagana (système d’écriture pour transcrire les mots étrangers; système basé sur la phonétique )  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

✔ « Pangai noon voire pangainun  » ? Certains  auteurs américains y voient la déformation  de la prononciation du chinois  « Ban Ying Ruan  » → 半硬軟→  bàn半 yìng  硬 ruǎn 软/軟 mais l’explication est tirée par les cheveux  étant donné qu’un tel style est inconnu de la tradition chinoise et que cette traduction en alphabet latin laisse une porte ouverte à une infinie de possibilités de traduction  … Alors qu’il aurait tout simplement suffit de connaître  les idéogrammes chinois 漢字 qui en sont à l’origine, pour supprimer les doutes sur le sens exact à leur donner.   Le fait que Uechi kambun ne la pas fait alors qu’il aurait été logique qu’il le fasse, démontre qu’il voulait rester volontairement dans le flou.  On suppose que Uechi Kanbun 上地 完文 parlait couramment le chinois, étant donné qu’il avait passé entre 10 et 13 ans en Chine (source japonaise) mais personne ne sait pouquoi il n’a pas employé la dénomination originale telle quelle et pourquoi une fois au Japon, il a éprouvé le besoin de changer le nom du style censé étudié : la » boxe du tigre « → Huzunquan 虎尊拳 en « pangai noon voir Pangainun パンガヰヌーン ». La source japonaise nous indique que le  » pangai noon パンガヰヌーン » alias la  » boxe du tigre « → Huzunquan 虎尊拳 de Uechi Kanbun 上地 完文 , serait un agrégat basé sur des composants des boxes de la grue blanche 白鶴拳 (白鶴門食鶴拳? 永春白鹤拳 ?) et du dragon 龙拳・龍拳 ? … La boxe du tigre « → Huzunquan 虎尊拳 du maitre Zhōu Zihé 周子和,  est comme l’indique clairement son nom;  axée uniquement sur la technique de la boxe du tigre. En clair, cela veut dire que le maître Zhōu Zihé 周子和 ne pratiquait ni la boxe de la grue blanche白鶴拳 (白鶴門食鶴拳? 永春白鹤拳 ?) ni celle du dragon 龍 ( style du dragon 龍 ? de quel style s’agit-il ? 龙拳・龍拳 ?). Et que si Uechi Kanbun 上地 完文 a etudié ces styles; cela ne peut être avec lui.

Dernier point important à signaler en ce qui concerne  le kata 型 Sanshin 三戰 pratiqué dans le style de la  » boxe du tigre « → Huzunquan 虎尊拳 . Ce kata 型 qui se prononce : sān zhàn 三戰 →sān三 zhàn 战 / 戰 en chinois est beaucoup trop éloigné du kata 型 sanshin 三戰 pratiqué dans le style Uechi 上地 pour y trouver une filiation direct. Il suffit de regarder,  ne serait-ce qu’une seule fois, le kata 型 sān zhàn 三戰 de la boxe du tigre, pour s’en rendre compte. Fait troublant, le kata Sanshin 三戰 pratiqué dans le style Uechi 上地 est quant à lui, quasiment identique au kata 型 Sanshin 三戰 pratiqué dans le style okinawïen gojū 剛柔流 ? y a-t-il eu de facto une interférence ? aucune source ne le précise mais ce fait laisse planer de sérieux doutes sur la filiation réelle du style pratiqué par Uechi Kanbun 上地 完文. Il est important de préciser que les rares sources que nous avons du maître on été écrites par son descendant en ligne directe; son fils Uechi Kan-ei 上地完英.    La majeure partie de ces sources se trouvent dans le livre imposant suivant :

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Fig.0345- Livre volumineux (plus de 5 kilos) écrit par Uechi Kan-ei 上地完英 et principale source sur l’origine du style Uechi  / Okinawa karatedo 沖縄空手道 /上地完英監修 ( Cliquer sur l’image pour visionner la couverture.)

À noter: les points obscurs concernant le parcours et la vie d’ Uechi Kanbun 上地 完文 sont extrêmement nombreux . De ce fait, les critiques ne l’épargnent guère. Les plus virulents de ses détracteurs vont même jusqu’à réfuter qu’il puisse avoir pu mettre les pieds en Chine. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com

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Revenons en Chine en 1904, il a 27 ans quand il obtient la « maîtrise « 虎拳の免許を授かる decernée par le maître Zhōu Zihé 周子和. Maîtrise qui lui donne le droit d’enseigner et de transmettre la technique. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Trois ans plus tard, en 1907, il s’enfonce à l’intérieur de la Chine où il va ouvrir un dōjō à Nanchang 南昌 capitale de la province du Jiangxi 江西 . Ville qui se trouve à 400km de son ancien lieu de résidence. Le dōjō aurait dit-on porté le nom assez surprenant de « Société du style de kempō pangai noon パンガイヌーン拳法社 » ? Ce dōjō ne restera ouvert que pendant deux ans. À l’automne de 1909 un de ses élèves,  se voit imbriqué dans un litige au sujet de canaux d’irrigation . Le litige dégénère en pugilat. Pugilat au cours duquel le disciple tue son adversaire. Uechi Kanbun 上地 完文 se sent, d’une certaine manière, responsable de ce qui vient d’arriver. N’ayant pas réussit à inculquer à cet élève le respect de vie humaine. Se rappelant sans doute la maxime de son maître Zhōu Zihé 周子和  » le non combat est la plus court chemin vers la victoire 不戦こそ最善の勝利 « . Sur quoi, il décide alors de fermer son dōjō  et de repartir dans son île natale; Okinawa.

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Fig.0355- Nanchang 南昌 capitale de la province du Jiangxi 江西

Il est de retour à Izumi 伊豆味村 en février 1910. . Son retour sera plus que discret, car il cours  le risque d’être arrêté pas les autorités japonaises pour le délit d’insoumission  et de refus de service armé . Au mois de mai de la même année; il se marie avec une fille du pays dénommée Toyama Gozen 遠山ゴゼン. Son fils aîné Kan-hei 完英 naît en 1911; le couple aura en tout ; quatre enfants, deux filles et deux garçons. Une de ses filles décédera en bas âge.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

De 1910 à 1923 Uechi Kanbun 上地 完文 se concentre sur le travail qui consiste à cultiver ses maigres terres pour nourrir sa petite famille. S’il pratique le todé 唐手; ce n’est qu’en solitaire et loin des regards. Une source orale précise qu’il aurait participé à une démonstration de todé/karaté au cours de laquelle il aurait fait sensation (?) Le cadre de cette démonstration est mal défini (où et quand ?).

Les revenus que lui procure le travail de sa terre sont loin de pouvoir assurer la subsistance de six personnes. La naissance de son petit dernier 上地完清 en 1922, semble le pousser à chercher du travail 転出 au Japon même où l’industrie, ayant besoin de bras, offre des revenus supérieurs à ce que l’on peut trouver sur l’ île où la pauvreté frôle carrément la misère.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Le voila en 1924 dans la préfecture de Wakayama 和歌山県 où il trouve un emploi dans une usine de filature textile 紡績工場 → société Hinomaru Sangyō 日の丸産業株式会社. Cette usine est implantée dans dans la ville qui porte le même nom que la préfecture : Wakayama quartier de Tébira 手平町. Ce travail lui permet d’entretenir sa famille restée au pays.

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Fig.0346- Filature textile /紡績工場 de la société  Hinomaru Sangyō 日の丸産業株式会社.


1926, Uechi Kanbun 上地 完文, n’était pas le seul Okinawïen à être venu chercher du travail au Japon; dans l’usine de filature textile de nombreux compatriotes étaient attelés sur les machines, parmi eux de nombreux jeunes gens. À la fin de la journée ils se retrouvaient pour boire, chanter , jouer du sanshin (luth à trois cordes) et parler de leur île natale. Dans le groupe se trouvait un dénommé Tomoyosé Ryuyu 友寄隆優. Ce compatriote va petit à petit amener Uechi Kanbun 上地 完文, assez retissant il faut dire, à lui enseigner le todé 拳法. Quelques temps plus tard maître Uechi 上地 ouvre son « Centre d’étude et de recherche du style karaté pangaï noon パイガイヌーン /半硬軟/ 流唐手研究所 (パンガヰヌーン流唐手術) » Le dōjō n’est qu’une petite chambre du dortoir de l’usine Hinomaru Sangyō 日の丸産業株式会社 . Les ouvriers Okinawïens forment les premiers élèves. Les enseignements sont basés sur la pratique de trois kata 三つの型 . Trois kata qui sont les suivants → sanshin 三戦/サンチン , seisan 十三/セーサン et sanseiryu 三十六/サンセイリュウ. Et du travail d’endurcissement des avants bras par le biais du travail avec partenaire basé sur les blocages 小手鍛え et pour finir; de l’étude de la médecine chinoise.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

1927 son fil Kan-ei 完英 le rejoint à Wakayama 和歌山市 et commence son éducation martiale dans le dōjō .

En 1932 c’est l’année de l’ouverture du nouveau dōjō de la rue Kiyodori 紀陽通り du quartier Tébira 手平 de la ville de Wakayama 和歌山市. jusqu’à là l’enseignement était plus ou moins restreint à la communauté des travailleurs immigrés okinawïens . À partir de cette date il s’ouvre à tous les Japonais. Ces derniers étaient peu nombreux à suivre les cours du fait de la discrimination dont étaient généralement victimes les immigrés okinawïens; il faut dire que le problème de la langue n’y était pas pour rien. Les japonais ne comprenaient pas un traître mot de leur dialecte exotique.  Ce nouveau dōjō est installé dans la boutique (Fig.0360) que gère désormais Uechi Kanbun 上地 完文 (il a quitter l’usine où il travaillait, pour se mettre à son compte)

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Fig.0360-  Dōjō (anciennement occupait ce bâtiment) de la rue Kiyodori dans la ville de Wakayama  和歌山市手平 紀陽通り.

1933, au mois de novembre est crée l’association portant le titre de « shubukai 修武会 « .

En automne 1940 le style pangaï noon パイガイヌーン /半硬軟/ est rebaptisé style Uechi 上地流. Le fils de Uechi Kanbun 上地 完文, Uechi Kan-ei 上地 完英 semble être à l’origine de cette nouvelle dénomination.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

En 1942. Suite à la déclaration de guerre et de la mobilisation générale, Uechi Kan-ei 上地 完英 (le fils) est envoyé en service dans son île natale, il en profite pour enseigner le style Uechi 上地流 dans la région de Nago 名護町 et plus exactement à Miyazato 宮里 . C’est la première fois que le style est enseigné directement sur le sol de l’île d’Okinawa.


En 1946 Uechi Kanbun 上地 完文 âgé de 69 ans laisse le soin à son disciple Tomoyosé Ryuyu 友寄隆優 de s’occuper du dōjō de Wakayama 和歌山県 et revient à Okinawa. Les destructions laissées par la guerre sont imposantes, Okinawa n’est plus qu’un champ de ruines; il ne reste d’ailleurs plus grand chose de la maison du village d’ Izumi 伊豆味村本部半島. Il décide alors d’aller vivre dans l’île de Ié 伊江島 distante de quelques kilomètres de la presque île de Motobu.  Cette ile est elle aussi passablement meurtrie par les combats meurtriers. Il enseigne le style sous la dénomination suivant : « Centre de recherche du style Uechi-ryu / Uechi-ryu karaté kenkyûsho, /上地流空手術研究所 » . Il est surnommé par les habitants de l’île : Uechi no tan-mé (Père Uechi)上地のたんめー. Le dōjō de l’île d’Ié 伊江島道場 , se trouve dans une maison partiellement en ruine. Là, il y forme quelques élèves avant de revenir à Okinawa , sur l’île principale 沖縄本島 et y continuer d’enseigner.   Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

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Fig.0362 Mont Gusuku,  familièrement appelé « Dachū « ,de la petite île d’Ié 伊江島タッチュー.

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Fig.0363- L’île d’Ié 伊江島 vue à partir de la presqu’île de Motobu 本部半島 à Okinawa.

En 1948, le 25 novembre Uechi Kanbun 上地 完文  décède dans sa 72e année d’ une Pyélonéphrite aiguë.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Le style Uechi 上地流 est actuellement un des trois styles majeurs du karaté d’Okinawaien ; les deux autres sont le : Shōrin-ryū 少林流 et le Goju-ryū 剛柔流  .

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Fig.0395- Le dōjō central du style, à Okinawa → Uechi Karatedo kyokai Soke Shubukan 上地流空手道協会・宗家修武館 /宜野湾市普天間.

Kata(s) 型 de l’école :

Sanchin  / サンチン / 三戦
Kanshiwa  / カンシワ /  完子和
Kanshu  / カンシュー /  完周
Seichin / セーチン  /  十戦
Seisan / セーサン   /  十三
Seirui  /  セーリュー  /  十六
Kanchin  / カンチン /   完戦
Sanseirui  /  サンセーリュー  /  三十六

Ses élèves les plus connus :

Tomoyosé Ryuyu 友寄隆優 (1897–1971)
Uechi Kanei 上地 完英 (1911– 1991 )
Saburo Uehara 上原三郎 (1900-1965)
Toyama Seiko 當山清幸 (1928– )

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Miyagi Chōjun 宮城長順.

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Nom : Miyagi 宮城

Prénom : Chōjun 長順

Date de naissance et de décès : 25 avril 1888 – 8 octobre 1953

Lieu de naissance : situé au 1-1 Higashimachi à Naha 900-0034 / 那覇市東町1丁目1番地

Fondateur du style Goju-ryū 剛柔流 (1930)

Miyagi Chōjun 宮城長順 naît en 1888 dans la ville de Naha 那覇市, il est le fils aîné de Miyagi (?)宮城 (?) . En 1897 il est adopté, sans que l’on en connaisse vraiment la raison, par un des ses oncles, un dénommé 宮城長發 Miyagi Chōha (10e génération des Miyagi 宮城家本家十一世) . La famille Miyagi 宮城 était connue pour être fortunée 裕福な家庭 , Chōjun 長順 est tenu éloigné de la pauvreté, lot commun du petit peuple d’Okinawa. Le jeune Chōjun 長順 bénéficiait d’une excellente santé et aurait grandement apprécié les activités physiques dont le sumō d’Okinawa 沖縄相撲.

La première approche du todé/karaté 唐手・空手 aurait été effectuée, encore enfant,  auprès du maître Aragaki Seijo 新垣世璋(1840-1920) surnommé : « Aragaki le Chat  » → « Maya Aragaki /猫/マヤー/新垣.   Maître Aragaki Seijo est également l’initiateur de todé/karaté 唐手・空手 de Higaonna Kanryō 寛量 東恩納  ( deuxième et principal maître de Miyagi Chōjun  宮城長順) (source invérifiable.)

En septembre 1902 à 14 ans, il étudie le todé/karaté 唐手・空手sous la direction du maître Higaonna 東恩納寛量 (1853 –1915) pratiquant le courant dit du Naha-té 那覇手. Miyagi Chōjun 宮城長順 suivra cet enseignement jusqu’en 1915 . Les trois premières années de pratique étaient uniquement basées sur l’étude répétitive du kata Sanshin 基本の三戦.  De nombreux élèves trouvant cet enseignement trop rébarbatif abandonnaient au bout de quelques temps. Seul les plus persévérants pouvaient espérer franchir cette étape d’initiation.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Dans la grande tradition des arts martiaux, l’initiation était une étape à part entière; elle permettait une sélection naturelle. Un maître digne de ce nom ne voyait pas l’utilité d’enseigner son art à un élève qui n’était pas prêt à le recevoir. L’enseignement se méritait et les élèves novices devaient faire, avant toute chose, la preuve qu’ils avaient la capacité à le recevoir. Plus que physique les qualités demandées étaient d’ordre mental. La persévérance, la volonté, la patiente étaient indispensables pour espérer pouvoir avoir accès à l’enseignement complet du maître. Christian Faurillon 

À la mort du maître Higaonna 東恩納 ( voir sa biographie) en 1915 ou 1916 , Miyagi Chōjun 宮城長順 se décide à aller étudier le kempo 中国拳法 directement en Chine .

☒☒☒ aparté ☒☒☒

Entre zones d’ombre et interrogation légitime :
Selon la tradition, Miyagi Chōjun 宮城長順 se rend dans la capitale de la province côtière du Fujian 福建省 ; Fuzhou 福州府. Point de chute logique pour un Okinawïen car il existe une petite communauté de compatriotes, implantée de longue date dans cette province.

Au cours de son  existence, il se serait rendu trois fois en Chine ( les dates de ses présumés voyages sur le sol chinois sont les suivantes — de 1904 à 1908 — 1915 ou 1916 —-  1938)  Miyagi Chōjun 宮城長順 est parti avec l’idée bien précise de retrouver le style qu’avait étudié (en 1877) son maître Higaonna Kanryō 東恩納 寛量.

Ce que ne dit pas la tradition c’est que une fois à Fuzhou 福州府; il ne retrouve aucune trace du dénommé  » Lū Lū Kō ルールーコウ  » ; maître supposé de Higaonna Kanryō 東恩納 寛量 (voir la page suivante pour plus de précisions) ni d’ailleurs de son éventuel successeur. Les recherches restes infructueuses également pour identifier avec certitude le style (ou les styles de kempō 中国拳法) qu’il (Higaonna 東恩納) était censé avoir étudié. Grosse déception mais Miyagi Chōjun 宮城長順  a quand même la consolation de faire la connaissance d’ un Chinois 中国人 qui parle courament le japonais, du moins le dialecte okïnawien et qui vit à……Okinawa 沖縄本島. Il se trouve alors en Chine pour ses affaires. Ce Chinois se nomme Wú Xián Guì 呉 賢貴/ 吴贤贵 (1886-1940), en japonais→ Go Kenki.  Il est originaire du District de Taijiang 福州市台江區 province du Fujian 福建省. En 1912, il a ouvert à Okinawa un commerce (de thé chinois) connu sous le nom (chinois) de :  » yǒng 永guāng 光 chá 茶 » et qui se traduit par quelque chose comme →  » le thé de la lumière éternelle 永光茶 ». Le dépôt de ce commerce de thé se tenait dans la ville de Naha 在那霸市的东町创立永光茶行 et plus exactement dans le quartier de Higashimachi 那覇市東町… Le quartier où est né et vivait… Miyagi Chōjun 宮城 長順… De là à penser qu’il se connaissaient avant cette opportune rencontre sur le sol chinois; il n’y a qu’un pas (*1) . Et comme par   » hasard », hasard qui fait bien les choses, ce Wú Xián Guì 呉 賢貴/ 吴贤贵 est maître de boxe chinoise. La boxe de la grue blanche 白鹤拳 ⇒又名 ⇒永春白鹤拳 . Le « hasard » ne s’arrête pas la car notre maître chinois est un ami de Uechi kanbun 上地 完文 (1877-1948) (voir sa biographie en haut de page) ; ils se seraient connus en Chine au cours du long séjour de ce dernier (…?). Certains sources le présentent comme un élève de Uechi kanbun 上地 完文 (?) mais cette version prête largement à confusion . il ne peut y avoir au maximum qu’une relation d’élève nouveau à élève ancien → junior-senior 先輩・後輩 . Uechi kanbun 上地 完文 ayant neuf ans de plus que Wú Xián Guì 呉賢貴/ 吴贤贵*

*  Sans compter que la possibilité qu’Uechi kanbun 上地 完文 soit en fait,  le disciple direct de Wú Xián Guì 呉 賢貴/ 吴贤贵 alias Go Kenki n’est pas totalement à exclure  … hristian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

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Fig.0416- Quartier de Higashimachi à Naha 那覇市東町 début du 20e siècle.

(*1)  Une autre source plus que plausible, indique que  Go Kenki/Wú Xián Guì 呉 賢貴/ 吴贤贵  et Miyagi Chōjun 宮城 長順 auraient fait le voyage ensemble en Chine ; Go Kenki/Wú Xián Guì 呉 賢貴/ 吴贤贵 servant de guide et de traducteur à  Miyagi Chōjun 宮城 長順 

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Fig.0368- Couverture livre ancien / style de la grue blanche : bái hè quán  白鹤拳

Fait supprenant Wú Xián Guì 呉 賢貴/ 吴贤贵 alias Go Kenki ne mentionne pas non plus le nom de son propre maître chinois ? Son style semble être carrément celui de la grue blanche * hâkakuken 白鶴拳 → en japonais et bái hè quán → en chinois (style qui pourrait en définitive être ni plus ni moins le style étudié par … Uechi kanbun 上地 完文… mais là, c’est une autre histoire…) Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Wú Xián Guì 呉 賢貴/ 吴贤贵 finira par épouser une Okinawïenne du nom de  » Yoshikawa Makato 吉川マカト » et prendre la nationalité japonaise 日本國籍. Il prendra de fait, le nom de famille de son épouse : Yoshikawa 吉川 .
Le 28 mai 1940, il décède à Naha des suites d’une maladie (cancer ou ulcère de l’estomac?) il a alors 54 ( 55 ans ?) Sa femme, sa fille et son fils ne lui survivront pas longtemps; ils se feront tuer au printemps 1945 sous l’effet des bombardements de la flotte de guerre américaine. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

À noter que : Kyoda Jūhatsu 許田 重発 (1887-1968) lui aussi grand élève de Higaonna Kanryō 東恩納 寛量,  a également bénéficié de son enseignement. La place qu’occupe Wú Xián Guì 呉 賢貴/ 吴贤贵 dans le karaté okinawïen, ne semble pas être reconnue à sa juste valeur. Le fait d’avoir des origines chinoises, dans le contexte de la période militariste et xénophobe japonaise d’avant guerre ni est peut être pas étrangère. À l’époque il ne fallait pas grand chose pour être taxé « d’espion »; les Okinawïens eux-mêmes en savent quelques chose.) Mais quand on connaît l’importance de l’influence de la boxe dite de la grue blanche 白鹤拳 dans le style Goju 剛柔流 on en reste franchement étonné ?!.
☒☒☒ Fin de l’aparté ☒☒☒  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

On ne connaît pas exactement la durée du séjour de Miyagi en Chine mais on le retrouve en mars 1921 à Okinawa; il fait la connaissance de Jigōrō Kanō 嘉納治五郎 maître fondateur du Judō; ce dernier, se trouve avec le prince (futur empereur Hiro hito 昭和天皇 ) et à la princesse en visite d’agrément à Okinawa. Il est un des acteurs de la bonne tenue de la représentation de todé par des collégiens de Shuri. représentation dont Funakoshi Gichin 船越 義珍 était en quelque sorte le maître d’oeuvre (du fait de sa position, alors centrale dans le mouvement , à but éducatif, de l’enseignement du karaté ). On suppose que cette rencontre facilitera grandement à Miyagi Chōjun 宮城長順 , l’accès au monde des arts martiaux japonais et cela, quand plus tard, il décidera de partir à l’assaut du Japon pour y développer le karaté.  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

Grâce à un ami , en 1926, il trouve le moyen d’emprunter les fonds indispensable pour la construction d’un important dōjō dans la localité de Naha 那覇市 ( lieu non déterminé avec exactitude ) en rapport avec l’association dont il est membre :  » l’Okinawa Karate Kenkyu Kurabu  沖 縄唐手研究倶楽部 ». Association réunissant les figures locales du todé/karaté 唐手・空手 de l’époque. Motobu Chōyū本部朝勇 en est le président. Hélas, moins de cinq ans plus tard il doit faire face au fiasco financier et il est obligé de mettre les clefs sous la porte ( Pour en savoir plus sur cette association, voir la page : Motobu Chōyū 本部朝勇 )  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

En 1928, il se rend à Kyotō 京都市(  premier séjour au Japon hors celui effectué pour son service militaire) pour assister à la 23e fête dédiée aux Budō japonais ; la fête du Butokusaï 武徳祭 (fête crée en 1895) Miyagi Chōjun   宮城長順 va tâter le terrain en vue du développement du karaté sur le sol même du Japon.  Objectif encore passablement difficile à réaliser étant donné le peu de reconnaissance dont bénéficie, à l’époque,  le todé/karaté唐手 .  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

En avril 1929, il enseigne, toujours à Okinawa, le todé/karaté dans plusieurs lieux différents : le centre d’entraînement de la police 沖縄県警察練習所, l’école de commerce de Naha 那覇市立商 業学校 et le tribunal de grande instance 裁判所.

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Fig.0369- École de commerce de Naha /那覇市立商 業学校.

Au mois de novembre 1930 il devient responsable de la structure et du développement du karaté au sein de « l’Association d’éducation physique de la préfecture d’Okinawa : « Okinawaken Taïku kyokai 沖縄県体育協会 » 、 C’est à partir de cette date qu’il devient une figure incontournable du karaté Okinawïen. En cette même année 1930, Il décide de nommer le style qu’il enseigne le :  » Goju-ryū 剛柔流 →go /Dur 剛 jū/souple 柔 style/ryū流. Miyagi Chōjun 宮城長順 s’est inspiré d’une maxime 拳法大要八句 contenue dans l’ouvrage : « Okinawaden Bubishi 沖縄伝武備志 » (voir le passage sur le Bubishi de la page suivante ) où le terme go-jū y est employé noir sur blanc → 「法剛柔呑吐身随時応変」 maxime №3  法剛柔呑吐   La loi bipolaire qui régit le concept; force -souplesse, est celle de l’inspiration-expiration.   ξ    /   Traduction: Christian Faurillon © Vous pouvez retrouver les autres maximes sur la page suivante : Le bubishi )

En 1934 Miyagi Chōjun 宮城長順 se rend à Kyōto 京都 pour donner une représentation de todé/karaté 剛柔流唐手 dans le dōjō du Butokuden 武徳殿 ( dit palais du Butokuden ) de la célèbre organisation martiale du Daï nippon Butokukaï 大日本武徳 会 (1895 -1946) On suppose qu’il a pu réaliser cette démonstration martiale 演武 grâce au soutien de maître Kanō 嘉納 rencontré en 1921 à Okinawa. C’est à partir de cette représentation au Butokuden 武徳殿 que Miyagi Chōjun 宮城長順 trouve de sérieux appuis japonais pour se lancer dans le développement du todé/karaté 唐手・空手  au Japon. Avant cette période et malgré les efforts déployés; les résultats étaient plus que mitigés et bien loin des espoirs forgés par le maître Miyagi 宮城. Au cours de la même année, il se rend dans l’archipel des îles Hawaï  (Océanie) où sur invitation,il présente son style à l’importante communauté ryūkyūïenne  ; il y reste juqu’en mars 1935. Christian Faurillon 

En mars 1935. Il reçoit une autorisation à se présenter à la Butokukaï 武徳会 (Kyōto 京都) pour les examens donnant accès à un titre homologué par la dite organisation;  il obtient le titre de  kyoshi 教士 avec le certificat de » Renshi 錬士 » qui remplace l’ancien diplôme dit : Seirenshō  精錬証 et abandonné un an plus tôt (1934) . Malgré ce que l’on a pu écrire; le titre » Renshi 錬士 »   ne veut pas dire « maître » mais « instructeur » Étant donné le niveau de l’organisation qui le délivre on peut effectivement évoquer la  » maîtrise  » pour choix du terme de traduction ( quoi que; l’âme japonaise empreint d’humilité, est assez rétive à employer le terme « maîtrise » au sujet d’une personne; de surcroît de son vivant ) (Pour en savoir plus voir la page suivante) .  Ce terme de  » Renshi 錬士 » n’est valable que pour ce qui concerne le monde du budō 武道 japonais 練士は多くの武道においては誤字である.  Ce titre faisant de Miyagi Chōjun  宮城長順 le premier karatéka 空手家,  non seulement d’Okinawa mais de tout le Japon, à y accéder . Le deuxième karatéka 空手家 à le recevoir, sera le maître Funakoshi Gichin  船越 義珍.  karatehistorique.wordpress.com 

Le titre en poche, Miyagi Chōjun 宮城長順 donne les premiers cours de karaté à l’université de Ritsumeikan 立命館大学 de Kyōto (1935)  puis à l’université d’Osaka 大阪大学.

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Fig.0366- Le dōjō du Butokuden 武徳殿 à Kyōto 京都 ( dit palais du Butoku ) de la célèbre  » Dai nippon Butokukaï 大日本武徳会 » (1895 -1946).

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Fig.0365- Médaille de la Dai nippon Butokukaï 大日本武徳 会 avec le sigle  » Butoku 武徳 »

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Fig.0379- Fushimi Sadanaru (1858-1923 ) , prince de la branche impériale des Fushimi No Miya  伏見宮 貞愛親王 (en haut sur l’image)  Président de la Dai nippon Butokukaï 大日本武徳 会. Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 

En avril 1938 , on le retrouve à Okinawa et où il est est nommé au poste d’instructeur de karaté 空手師範 à l’ école de formation d’enseignants scolaires ” Shihan Gakō 沖縄師範学校  » de Shuri 首里市.

En 1940, il crée  les kata(s) suivants pour faciliter l’initiation des débutants →gekisaï-daï-ichi 撃砕/ゲキサイ/第一/初段 et Gekisaï-daï-ni 撃砕/ゲキサイ/第二/弐段.

En 1945, juste après la bataille d’Okinawa 沖縄戦, Miyagi Chōjun 宮城長順 est nommé instructeur en chef de la nouvelle école de police d’Okinawa 警察学校 mais c’est une période difficile pour le maître qui vient de perdre plusieurs membres de sa famille lors des furieux combats de la bataille d’Okinawa.  karatehistorique.wordpress.com 

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Fig. 0370 – École de police d’Okinawa au début des années 50 . Cliché pris devant le gymnase 琉球警察学校19期卒業式 .

En 1953, Miyagi Chōjun 宮城長順 décède d’un infarctus du myocarde à son domicile de Tsuboya à Naha 那覇市壺屋; il a 65 ans. Christian Faurillon 

Sa maxime préférée :
宮城長順先生の遺訓人に打たれず 人打たず 事なきをもととするなり」 → Traduction approximative :  » Devenir fort au point de ne jamais à avoir à se faire battre par un tiers ni d’avoir besoin de battre un tiers, c’est atteindre le summum de l’action sans à avoir besoin d’agir«   ξ    /   Traduction: Christian Faurillon ©

Le style Gojū  剛柔流  est un des trois styles majeurs du karaté d’Okinawaïen ; les deux  autres sont les:  Shōrin-ryū 少林流  et  Uech-ryū 上地流.

Kata(s) 型 de l’école :

Gekisaï Daï Ichi / ゲキサイ / 撃砕第一 → 初段
Gekisaï Daï Ni / ゲキサイ / 撃砕第二 → 二段
Sanchin / サンチン / 三戦
Tensho / テンショウ / 転掌
Saïfa / サイファ / 砕破→最破
Sanseiru / サンセイルー 三十六手
Seiyunchin / セイユンチン (セイユエンチン) / 制引戦→ 征遠鎮
Shisochin / シソウチン / 四向戦→ 士壮鎮
Seipaï / セイパイ/ 十八手
Seisan / セイサン/ 十三手  Christian Faurillon karatehistorique.wordpress.com 
Kururunfa / クルルンファー / 久留頓破→ 来留破
Suparinpei / スーパーリンペイ 壱百零八手 → Pechurin  ペッチューリン 百歩連


Ses élèves les plus connus :

  • Higa Seiko 比嘉 世幸 (1898-1966)
  • Shinzato Jinan 新里 仁安 (1901-1945)
  • Shimabuku Tatsuo   島袋 龍夫 (1908 –  1975)
  • Yamaguchi Gōgen 山口剛玄 (1909 –1989)
  • Kishaba Chōgi 喜舎場 朝義
  • Yogi Jitsuei 與儀 實榮 (1912-1997)
  • Miyazato Eiichi 宮里栄一 (1922 – 1999)
  • Miyagi Anichi 宮城安一 (1931-2009)
  • Chinen Teruo 知念 辉夫 (1941-)
  • Miyagi Takashi 宮城 敬 (fils aîné du maître 1919-2008)
  • Higaonna Morio 東恩納 盛男 (1938 – )
  • Miyagi Manabu 宮城 学 (fils du maître)

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  沖縄空手の歴史 Christian Faurillon -フォーリヨン・クリスチャン ©2015

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